Cultiver une disponibilité aux rencontres significatives
Voici un autre extrait de mon ouvrage que je termine actuellement et qui fait le lien avec un article éclairant sur une personnalité des réseaux sociaux sur laquelle j'ai écrit un article que je publierai bientôt. Totalement en lien, avec la question traitée dans ce sous chapitre.
Les rencontres interpersonnelles constituent sans doute le vecteur le plus puissant des bifurcations heureuses. Une figure ou un mentor qui nous inspire, un professionnel qui partage son expérience, ou même un inconnu qui, par une remarque fortuite, éclaire notre situation immédiate sous un jour nouveau : ces rencontres peuvent initier des tournants décisifs dans nos parcours d’orientation par l’ouverture à de nouvelles idées, de nouvelles envies. Cette dimension relationnelle des bifurcations reste pourtant largement sous-estimée dans les approches traditionnelles de l’orientation, qui privilégient souvent les outils formels d’évaluation et d’information au détriment de cette alchimie des rencontres qui est une réalité, tant ce qui nous influence y est concentré. D’ailleurs, les récits romancés ou biographiques montrent constamment l’importance de ces personnages significatifs qui, à des moments clés, ont ouvert de nouvelles perspectives ou validé des aspirations naissantes. L’enjeu de l’accompagnement peut alors consister à développer une disponibilité active à ces rencontres potentiellement transformatrices. Il ne s’agit pas simplement d’élargir quantitativement son réseau, comme le suggèrent certaines approches instrumentales du networking, mais de cultiver une qualité particulière d’ouverture et d’attention aux autres et leurs apports substantiels pour notre évolution personnelle.
Cette disponibilité aux rencontres significatives comporte plusieurs dimensions :
· Une ouverture psychologique qui permet de s’intéresser authentiquement à l’autre, au-delà des catégories préétablies ou des jugements hâtifs
· Une capacité d’écoute qui saisit non seulement le contenu informatif d’un échange, mais aussi sa résonnance personnelle
· Une disposition à se laisser surprendre et à accueillir ce qui, dans l’autre, vient questionner nos représentations établies
· Une aptitude à reconnaître et à saisir les occasions relationnelles qui se présentent dans notre quotidien
Concrètement, cela implique de multiplier les contextes de rencontres potentielles : participer à des événements hors de son habitude, s’engager dans des activités collectives diversifiées, explorer des milieux professionnels variés à travers des immersions, des stages ou du bénévolat. Mais cette multiplication n’aurait guère d’effet sans la qualité d’attention et d’intelligence relationnelle qui permet de transformer une simple interaction en rencontre significative. Effets qu’il convient d’identifier et de travailler avec un esprit critique qui permet d’en définir la valeur réelle.
L’approche du happenstance suggère également de porter une attention particulière aux micro-rencontres quotidiennes qui, bien que brèves ou apparemment anodines, peuvent contenir des indices pertinents pour notre orientation. Une conversation de quelques minutes avec un professionnel croisé par hasard, l’observation d’une personne dans l’exercice de son métier, un des mécanismes aux fondements de l’ergonomie pour apprécier et optimiser les activités de travail, ou même le récit d’un parcours atypique dans un média : autant d’interactions fugaces qui peuvent éclairer nos propres questionnements.