La construction du HPI et THPI dans sa conjugaison aux troubles associés
Le HPI peut parfois masquer des troubles comme le TDAH ou un TSA mais l'inverse est également possible.
Que cela complique le diagnostic, certes, cela crée des difficultés au quotidien qui interpellent le sujet et ceux qui l'encadrent, mais est-ce réellement un enjeu de construction ?
Cette construction s'élabore avant tout par nos rapports sociaux.
Le véritable enjeu, ne réside-t-il pas, avant tout, dans la sidération du décalage. Du qui suis-je et qui-est cet autre si différent, apparemment ? Mais aussi, quels sont ces codes et normes implicites que tout le monde semble respecter sans que je ne les comprenne ?
ET surtout finalement : Comment pouvons-nous être SI différents toi et moi ?
Oui, c'est similaire pour tout le monde. Entre la girl boss et le biker, il y a un monde, mais c'est d'un autre ordre chez le HPI car cela ne s'inscrit pas dans les signes extérieurs d'appartenance à un groupe, ou d'éducation, ou encore de divergences idéologiques.
Pour le HPI tout se joue dans la profondeur du rapport à l'autre. Dans ce qui se dit, peut se dire, et ne doit pas se dire dans la relation, naissante ou ancienne. Bien sûr, ensuite, il sera question de profondeur d'analyse, soulignant encore la question du dimensionnel.
Ce gouffre relationnel et perceptif, vécu sans toujours être compris en ces termes dès l’enfance, marque profondément la construction du moi.
Loin d’être anodin, ce sentiment d’écart peut générer des blessures invisibles, des incompréhensions qui ont laissées une trace mnésique qui sera constamment revisitée, des traumatismes sociaux ancrés qui influencent durablement la manière de se relier aux autres.
Ils créeront au fil des années le vivier inasséchables de leurs désillusions.
Car ce process se répète à l'infini, dans le rapport social usuel, ou un simple apéritif avec quelques amis, vécu comme une balade au parc par les neurotypiques, sera entièrement revisité pendant parfois des heures ou des jours, dans les moindres bribes d'interactions par le HPI ou le THPI pour en comprendre les jeux, et tenter de recréer une réalité plus fine.
Vient alors la question de l’acceptation. Certaines réalités, selon notre vécu et nos valeurs, resteront inassimilables. Ce n’est pas une question de volonté, mais de structure identitaire et de rejet.
Le HPI ou THPI, n’est ni un trouble, ni un simple atout.
C’est un processus de lecture du monde, un degré supérieur de lucidité, un filtre relationnel qui colore les interactions et la perception de la réalité. Une singularité à apprivoiser et à accepter, plutôt qu’une étiquette à porter, ou la question de l'intérêt de l'entre soi, plus qu'ailleurs, a un sens fort.