Burn-out : 50 ans de fumisterie organisée ?
Qu'est-ce qui, dans tout ce qui a été fait, pensé et produit, a changé quoi que ce soit ?
(Prévention, politiques, discours, conceptualisation, etc.)
Le problème, c'est certainement la pauvreté du concept en lui-même, une catégorie socio-médiatique bricolée pour donner une apparence médicale à une réalité systémique.
🥾 Quand on part en randonnée, tout le monde finit fatigué… mais tout le monde ne chute pas.
Pourquoi croît-on pouvoir “prévenir” le burn-out avec une liste de conseils, comme s'il y avait des signaux avant-coureurs universels ?
Parce qu’au fond, on veut souvent faire du burn-out quelque chose de prévisible et linéaire… alors que ça ne l’est pas.
Quand vous partez en rando, tout le monde part avec un certain "état" et finit fatigué.
Pourtant, tout le monde ne se fracture pas une jambe.
Cette fatigue n’est pas un signal prédictif fiable.
Elle ne prend sens qu’à travers un contexte :
– la condition physique,
– le terrain,
– la charge portée,
– la météo,
– la vigilance,
– et cents autres variables.
C’est la combinaison de ces facteurs qui transforme ou non cette fatigue en accident.
Le burn-out, c’est pareil.
C’est une fracture, pas une chute lente qui permet d'éviter le drame.
C’est un résultat.
Sur le plan scientifique, depuis Freudenberger (1974) jusqu’aux travaux plus récents (Maslach, Schaufeli, Leiter, OMS), le burn-out n’a jamais été conceptualisé comme une “phase” prévisible ou progressive universelle.
Chercher à “prévenir” un burn-out avec un ou deux indicateurs, c’est comme vouloir anticiper la chute en montagne en choisissant la météo et les chaussures du randonneur.
Et c’est encore plus absurde quand on se souvient que le burn-out est devenu un concept fourre-tout, déformé et vidé de sa rigueur scientifique par les discours publics.
On prétend donc anticiper un phénomène… qu’on n’est même plus capable de définir précisément et où l'on confond en plus facteurs de risques et causes.
Et c’est bien pour cela que la “prévention” actuelle du burn-out est, dans les faits, une coquille vide.
Elle n'est pas "inutile", mais elle n'empêche pas à coup sûr l'accident.
Depuis son apparition, les entreprises ont tout fait pour trouver une parade au Burn-out et empêcher les arrêts de travail.
Respirez, méditez, équilibrez votre vie : conseils individuels présentés comme solutions collectives.
Ça ne marche pas, car le problème est ailleurs.
LA vraie parade qui fonctionne très bien pour une grande majorité : le surinvestissement et la performance valorisés, déguisés en autonomie, en choix personnel, en épanouissement.
Pas de chute visible. Pas d’alerte.
L’individu se régule. Et le système tourne.
C'est le Max-out.
Le système a trouvé sa recette miracle.
Et la prévention actuelle ne peut rien contre cela.