Être la meilleure version de vous même, vous détourne de la connaissance de soi.
Les injonctions à devenir un “sur-être” — autonome, aligné, performant, apaisé — vous détournent de l’essentiel : penser ce que cela signifie d’être soi.
Pas un soi calibré, pas un soi “résilient”, pas un soi “en chemin”…
Mais un soi libre, c’est-à-dire en rupture avec ce qu’on attend de lui.
Car sous leurs airs bienveillants, les nouvelles normes éducatives et développementales reproduisent exactement les déterminismes que chacun prétend vouloir combattre :
– l’adaptation à un système injuste,
– la conformité à une norme affective socialement valorisée,
– la croyance que le bonheur passe par l’auto-ajustement, jamais par la subversion.
Penser librement aujourd’hui, c’est refuser de se conformer à ce qui se présente comme neutre, protecteur ou “évident”.
C’est se donner le droit de ne pas “être bien”, de ne pas “aller mieux”, de ne pas être "la meilleure version de soi-même" (qui n'existe pas) et SURTOUT : d’interroger pourquoi ce serait devenu un devoir.