Comment intégrer l'écart de réalité de l'autre, les différences de perception et avoir une communication efficace ?
Comme dans cette image très parlante, mais tout le monde semble nier l'une des origines de cet écart.
Voici l'image... un singe au bord d'une piscine demande à une girafe qui est déjà dans l'eau : "Quelle est la profondeur ?" Et la girafe de répondre : "ça m'arrive au cou !".
... En plus d'une réponse peu précise, la girafe ne tient compte que de sa réalité pour répondre.
Le cou d'une girafe est long et commence à 2m de ses sabots.
C'est un élément capital en coaching qui n'est jamais abordé et qui conditionne beaucoup de choses. (Donc chers parents qui posez en ce moment des questions à votre ado dans son cheminement d'orientation...)
Il ne s'agit pas d'un type de communication, mais d'un principe.
OUI, il est possible de simplifier sa communication, c'est le principe de coopération.
Tiens, l'autre me pose une question, est-elle claire, et que cherche-t-il vraiment à savoir ?
En communication, il y a un émetteur et un récepteur.
Certains vont répondre sans se soucier de la situation, selon leur propre réalité. Comme ici la girafe (récepteur) mais sans la précision nécessaire pour que cela soit compréhensible par l'émetteur (le singe).
D'autres que la girafe au contraire, vont réaliser que le singe souhaite savoir s'il a pied, par l'analyse du contexte, et répondre avec précision en ce sens. Soit, dans le cas de l'image, une évaluation du niveau d'eau en mètre : la profondeur doit être de 2 mètres.
Le principe de coopération est un élément clé en linguistique pragmatique, qui semble avoir été développé par le philosophe Paul Grice en 1975. Il désigne les règles implicites que les interlocuteurs suivent pour que la communication soit efficace. Selon Grice, les individus coopèrent naturellement pour que leurs échanges aient du sens, en respectant plusieurs maximes conversationnelles :
Les 4 maximes du principe de coopération :
Maxime de quantité : Donner suffisamment d'informations, mais pas trop.
Maxime de qualité : Dire la vérité et ne pas affirmer des choses sans preuves.
Maxime de pertinence : Être pertinent dans ses propos.
Maxime de manière : Être clair, éviter les ambiguïtés et l'obscurité.
Exemple : "Quelle heure est-il ?", une réponse comme "Je ne suis pas l'horloge parlante" violerait le principe de coopération.
En revanche, répondre : "Il est 10h30", respecte ces maximes.
Communiquer nécessite bien souvent une coopération entre émetteur et récepteur.
Mais l'émetteur doit lui aussi poser une question précise. Sinon, on se retrouve avec des réponses du récepteur comme : "je ne comprends pas", ou une réponse qui ne sert à rien, ou tout autre type de réponses nourries de suppositions et d'imagination.
Bref, bien souvent on ne coopère pas assez, or tout l'enjeu est censé être de communiquer !
Beaucoup de choses au sein de cette communication "sociale / business" sont en jeu : égo, réputation, pouvoir, perceptions, intentions, objectifs...
Dans une relation où l'objectif est partagé, ou l'on est dans une dynamique d'ouverture et de sérénité, la coopération se fait naturellement.
Si ce n'est pas le cas, il y a certainement quelque chose d'autre qui se joue.
En coaching, cette coopération est le socle d'un travail de réflexion de qualité.