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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis plus de 30 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

🔥 Ton ado abuse et ne respecte pas les règles ? Et, tu crois que c’est ton comportement le problème ?

Pourquoi on te fait porter la charge entière du dysfonctionnement au juste ? Je vais t'expliquer toute la logique qui te rentre dans le cerveau sans que tu t'en rendes compte et les mécanismes à l'oeuvre. Et ensuite je te raconte comment être dans la recherche de l'équilibre en contexte.

Voilà la situation dont on te parle pour que tu t'identifies :

Il laisse traîner ses affaires, il dépasse ses limites d’écran ou oublie ce que tu lui as dit alors que tu l'as répété trois fois…
On connait tous, c'est assez typique...

On t'explique alors les "vraies" raisons, et on te raconte que :

→ c’est parce que tu ne sais pas bien gérer ta frustration !

→ que si tu t’agaces, c’est que tu as associé son comportement à ta valeur de parent.

Ou tout autre chose du même genre.

La solution que l'on te propose alors : en étant plus calme, plus « connecté·e » à ton ado, dans l'écoute, ça passerait mieux.

Le parent doit reprendre son comportement en main : prise de conscience, connexion (valoriser au max ce qu'il fait), bosser son état d'esprit sur son comportement (sortir du mode flic).

Nous avons fait le tour vite fait, et sans nuance ni contexte, ce type de discours est redoutablement manipulateur sous couvert de bienveillance. ( pas forcément intentionnellement )

Voilà les leviers malgré le ton fun et humoristique :

1) Énoncé d’une situation commune avec identification facile par tous les parents.
2) Twist culpabilisant : "le problème c’est pas lui, c’est toi."
3) Renversement pseudo-psy : "tu te sens mal et désemparé car tu associes son comportement à ta valeur."
4) Prescription implicite : "change ta réaction, pas son comportement."

👉 Le tout sans aucune nuance sur l’âge, le contexte, les dynamiques familiales ou les responsabilités réciproques.

En fait c'est juste une gifle moralisatrice déguisée en “astuce de coach” bienveillante.

Qu'est ce que cela fait en silence : cela promeut l’internalisation de la charge éducative et le déni des rapports de pouvoir dans la relation parent-enfant, mais aussi l'émancipation naturelle, et un ensemble de mécanismes qui viennent se greffer.

Car si c'était aussi simple que ça, il n'y aurait plus de problèmes d'éducation.

En fait, c'est tout l'inverse et je vais m'expliquer...

Ce n’est pas parce que tu t’énerves que tu confonds ton autorité avec ta valeur.
C’est peut-être simplement parce que tu es déjà à bout de sa désinvolture constante multisujets.

Parce qu’on t’a appris que la “bonne parentalité”, c’est d’être calme, toujours disponible, connecté·e, souriant·e, même quand tu n’en peux plus.

Mais le vrai piège, ce n’est pas ton agacement.

C’est la charge mentale invisible d’être un parent parfait qui écoute sans jamais imposer nourrie aussi par la peur du rejet.


Ce n’est pas ton “mode flic” qui sabote la relation (entièrement), c’est l’injonction douce à être dans l'écoute et la bienveillance, et à ne jamais poser un cadre clair sans glissement.

Oui, poser ce cadre et le faire respecter est éreintant.

C’est le glissement dangereux qu’on observe partout d'une certaine maternance généralisée: 👉 qui part de la bienveillance incontrôlée pour arriver à la dilution de l’autorité éducative.

L'équilibre entre autorité et bienveillance est devenu flou dans notre société de la bienpensance.

Quand on dit au parent que « c’est son énervement le vrai problème », on déplace la faute sur lui, et on ignore l’impact réel de la désinvolture répétée d’un ado sur l'ambiance au quotidien à la maison, mais aussi ce que cela rajoute comme charge mentale.

La charge mentale se multiplie :

1) on lui dit d'amener son linge sale
2) on constate que c'est pas fait, on y pense et vérifie plusieurs fois, tout en lui rappelant 3 fois avec la petite explication qui va bien.
3) on s'enerve et on doit taper un speech sur le partage des tâches.

Et ça, tous les jours sur de multiples sujets, ça use. ce n'est pas anodin

Non, ce n’est pas toujours un miroir du stress parental, c'est l'effet conjugué de plusieurs paramètres qui se sont installés depuis longtemps.

Parfois, c’est juste un ado qui teste, résiste, s’organise sans repères… parce qu’on lui a laissé le champ libre et parce que c'est une façon de s'émanciper.

Et plus écouter, plus comprendre, plus valoriser…
ça ne change rien s’il n’y a plus de cadre stable pour s’y appuyer.
Plus écouter ne le fera pas changer, cela lui donnera un nouveau levier.

📌 Être là, à l’écoute, oui.
Mais aussi garant d’un cadre. D’une cohérence. D’un sens.

Tu veux des adolescents épanouis ?
Alors arrête de vouloir être aimé. Commence par être solide.

Le laxisme et la maternance à tout prix, c’est très bien vu, dans l’air du temps.
Mais dans les faits ?
Le cadre se dissout… et l’ado n’en fait qu’à sa tête.

Écouter, être présent et disponible, mais garant du cadre et des règles, c'est l'équilibre à trouver et il est différent en fonction des contextes.

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