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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

L’émotion : la grande oubliée de l’orientation

Lorsque nous parlons d'orientation scolaire ou professionnelle, nous évoquons souvent des compétences, des bilans, des résultats, des appétences, des projections rationnelles. Tout se passe comme si choisir son avenir était un simple exercice de mise en correspondance : aligner un profil et un métier, un test et une voie.

Pourtant, ce modèle dominant laisse dans l’ombre un élément décisif : l'émotion.
On ne choisit jamais sans émotion.
Derrière chaque envie, chaque projet, chaque rejet ou chaque hésitation, il y a un tissu sensible : espoirs, craintes, élans, attachements, blessures parfois. Les neurosciences l'ont largement démontré : nos décisions sont d'abord affectives avant d'être raisonnées. Les marqueurs émotionnels précèdent la délibération consciente et orientent silencieusement nos trajectoires.

Dans un contexte où l'orientation a intégré l'influence du récit — avec l'essor du storytelling de soi — cette dimension affective devient encore plus complexe. Se raconter n'est pas neutre. Tous n’ont pas les mêmes codes narratifs, les mêmes ressources symboliques, ni la même aisance émotionnelle pour donner forme à leur parcours. Certains récits séduisent, d'autres peinent à être entendus. Derrière la liberté de "se dire" se glissent des normes implicites : cohérence attendue, valorisation des parcours fluides, stigmatisation des hésitations.

La capacité à "bien" se raconter est ainsi devenue, elle aussi, un capital. 📖
Mais alors, que devient celui qui doute, celui qui cherche encore ses mots, celui dont l’histoire est fragmentée, tâtonnante, non conforme aux attentes d'une performance narrative ?

Face à cette réalité, l’orientation ne peut se contenter d’être un simple exercice technique. Elle engage nécessairement une dimension éthique. Car accompagner un choix, ce n’est pas seulement guider vers un objectif fonctionnel. C’est reconnaître l’autre dans sa complexité émotionnelle, lui permettre d’exprimer ce qui hésite, ce qui se cherche encore, sans l'enfermer dans des catégories prématurées.

L’éthique en orientation commence ici :
Respecter ce qui se construit dans l’incertitude, accueillir les récits inachevés, entendre les émotions qui sous-tendent les choix, sans instrumentaliser ni prescrire.

🌱 Accompagner, ce n'est pas seulement aider à trouver une place.
C’est offrir un espace où l'on peut devenir capable de choisir, en toute humanité.

 

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