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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

Un bilan d'orientation, c’est comme faire un choix en tirant à la courte paille. Partie 6.

Ou à pile ou face, c’est en fonction de vos préférences. Le bilan d’orientation ça fait super sérieux et apparemment, c’est structuré et bien rodé, mais cela cache des enjeux complexes que peu de personnes mesurent réellement et tout repose sur des tests suivis d'un entretien pour vous commenter les résultats et vous conseiller des voies. Abordons-le par trois angles distincts.

La situation est particulièrement préoccupante concernant la qualification des intervenants.

Absence de cadre réglementaire :

  • Aucune norme pour les tests d'orientation
  • Pas d'encadrement des pratiques
  • Absence de formation minimale requise

La maîtrise du questionnement est rarement mise en œuvre dans les bilans d'orientation standards car il n’y a pas vraiment le temps et quand cela arrive...

Les intervenants peu rigoureux, malgré leur bonne volonté, peuvent inconsciemment :

  • Orienter la réflexion dans une direction prédéfinie
  • Manquer d'ouverture dans leur questionnement
  • Négliger des éléments cruciaux à approfondir
  • Passer à côté de croyances limitantes à déconstruire
  • Influencer subtilement les réponses de l'étudiant

 Au minimum.

La complexité du questionnement professionnel

Il y a beaucoup de types de questions et sans en détailler chacune, car vous trouverez tout cela grâce à votre IA préférée, en voici un éventail : questions ouvertes, fermées, questions orientées et alternatives, questions de contrôle et de diversion, questions provocantes et motivantes, questions suggestives et réponse interrogatives.

La dénomination des packages ne reflètent ni leur nature, ni le process.

Un exemple rapide :

Sur le site BIOP service émanant de la CCIP de Paris, accédé en 2010 et qui n’existe plus (j’ai le screenshot s’il faut ;) : « Le spécialiste de l’orientation qui vous accompagnera lors de votre bilan d’orientation veillera à vous faire passer des tests d’orientation et de personnalité choisis en fonction de votre situation et de votre problématique personnelle et/ou scolaire. »

Un test d’orientation et de personnalité personnalisé en fonction de votre situation et problématique, c’est clair, cela ne veut rien dire et cela n’existe pas.

La pertinence de la méthode pyramidale ?

Bilan ou conseil, on va vous proposer une méthode pyramidale qui n’apporte pas grand-chose. Sachez que la recette du bilan de compétences est absolument identique.

La méthode pyramidale reprend sans trop approfondir ou questionner ces thèmes :

·      Votre niveau scolaire

·      Vos forces/vos faiblesses (personnalité au travail, basé sur le RIASEC / MBTI)

·      Vos compétences

·      Vos envies

En soi, c’est restrictif mais pourquoi pas, le problème réside dans l’exploration inexistante.

Par conséquent, conceptuellement, mais également structurellement, baser une méthode d’orientation sur ces éléments est très réducteur, pour ne pas dire stupide.

Il semblerait que tous ces professionnels décident d’occulter des composantes cruciales de la question, parce que les prendre en compte pour changer le process créerait un type accompagnement trop long et trop couteux. Peut-on aller jusqu’à imaginer qu’ils sont de bonne foi et qu’ils n’ont pas eu la lucidité d’y penser et de l’inclure ?

Le savoir ou encore le niveau scolaire, cela peut s’acquérir en travaillant.

Le savoir-être ou encore la personnalité, cela peut se développer.

Le savoir-faire ou encore les compétences, cela peut s’acquérir par l’expérience.

 

Mais alors, quel est le sens de l’accompagnement qu’ils proposent s’ils ne prennent pas cela en compte ?

Quand un service ne s’occupe pas du problème du client, c’est soit par :

-       Manque d’empathie (réflexion, design thinking basique, etc.),

-       Ce n’est pas possible

-       Le rapport solution / coût de résolution est défavorable

Si la majorité de la population est orientée n’importe comment, c’est parce que les accompagner de façon normée ET intelligente est trop couteux et que le client n’est pas prêt à payer le prix du service nécessaire.

Il y a un besoin, le problème est énormissime, peu de gens peuvent / veulent payer pour le résoudre comme il faut car les problèmes ne sont pas immédiats.

C’est comme la cigarette, le cancer c’est pour dans 20 ans. On verra le moment venu.

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