Mon ado est HPI, THPI ou atypique : est-ce plus compliqué de l'aider à s'orienter ?
Voici quelques éléments déterminants pour les aider au mieux dans leur réflexion.
J'ai souvent eu cette question. En soi, le principe est le même : faire un choix.
Il ne faut pas croire que l'orientation d'un HPI est plus compliquée parce qu'ils ont des intérêts vastes, changeants, et une capacité à s’ennuyer rapidement.
D'expérience, il leur faut un accompagnant capable de dépasser la simple compréhension d'un fonctionnement et le vivre également, car se comprendre très rapidement dans l'échange à tendance à les mettre en confiance. Car ils sont constamment en train d'évaluer l'autre, sa pensée, sa pertinence, les liens qu'il fait, tout est scruté. Il va vite cerner si vous n'êtes pas à la hauteur.
C'est un aspect de l'accompagnement des HPI que j'aborderais une autre fois.
En réalité, l’orientation reste un processus de choix comme pour tout ado. La différence réside surtout dans la posture à adopter.
Cette posture, c'est la pertinence. L'accompagnant qui ne percute pas vite, n'est pas dans la pertinence et la "vérité" de la relation, ne pourra pas créer la confiance. L'ado HPI juge son interlocuteur sur beaucoup de plans pour répondre à une question : est-ce qu'il mérite que je l'écoute ?
Et la seule différence concrète et majeure dans le processus : il y aura certainement plus d'éléments à prendre en compte.
Pistes d'exploration...
Les HPI peuvent avoir une perception rapide des possibles, et cela peut donner l’impression, ou leur faire considérer, qu’ils ont “fait le tour” d’un sujet, sans l’avoir réellement exploré en profondeur.
Ils peuvent se désintéresser rapidement si la tâche leur semble trop facile ou trop répétitive, ce qui donne une fausse impression de désengagement.
Il est important d'encadrer le : "jai fait le tour, j'ai compris" qui parfois est un peu rapide. Mais sans pertinence, sans réflexion approfondie, cela peut être compliqué.
Ce n'est d'ailleurs pas spécifique aux HPI.
Mais la différence, c'est que le HPI pourrait être beaucoup plus sûr de lui quant à la profondeur de sa réflexion ou recherches et même si elle est restée superficielle.
Il faut l’amener à explorer davantage.
Toute l'affaire est de lui ouvrir d'autres angles, et de laisser faire.
En soi, c'est plus simple.
La nécessité est d'encadrer leur tendance à tirer des conclusions trop rapides.
Les HPI ont souvent une pensée intuitive qui leur permet de trouver des solutions rapidement, sans forcément visualiser le schéma de pensée ou tous les liens de la toile, et cela les pousse à écarter trop vite des options qu'ils n'ont pas assez creusées, surtout lorsqu'ils sont ados.
Exemple de questions :
“Quelles sont les compétences dont tu n’as pas encore tenu compte ?”
“As-tu exploré les variantes de ce métier ?”
“Qu’est-ce que tu n’as pas encore compris dans ce domaine ?”
C'est des ados qu'il y a moins besoin de "prendre par la main" quand il s'agit d'approfondir.
Si tant est qu'ils soient investis par le problème.
L'investissement sur cette question d'orientation sera certainement un des premiers enjeux, mais rien de spécifique non plus.