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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

Comment savoir si on est HPI ?

Le Haut Potentiel Intellectuel (HPI), les surdoués et tous les acronymes usités, est une notion qui renvoi au concept d'intelligence et à son évaluation. Ce sujet intrigue, fascine et suscite autant d'admiration que de malentendus. Être HPI, c'est être doté d'un fonctionnement cognitif particulier que certains dénomment "atypique", caractérisé par une intelligence supérieure à la moyenne selon une courbe définie d'après les résultats à des tests de QI. Mais derrière cette étiquette se cachent des réalités complexes que les tests de QI classiques ne capturent pas toujours dans leur entièreté. Alors, comment savoir si l'on est HPI ? Entre auto-évaluations douteuses et évaluations à bases de critères et tests, voici les pistes pour mieux comprendre.

1. Qu'est-ce que le HPI ?

En France, le HPI se définit par un quotient intellectuel (QI) supérieur à 130, soit environ 2 % de la population. Mais ce chiffre ne dit pas tout. Le HPI englobe bien plus qu'une simple performance aux tests : il s'agit d'un fonctionnement mental différent, souvent associé à différents traits, dont certains ne font pas consensus comme notamment la pensé en arborescence, mais on peut considérer des performances accrues à des tâches scolaires, comme la résolution de problèmes ou la mémorisation, une grande rapidité de traitement de l'information, et d'autres traits, comme une forte curiosité, et une hypersensibilité émotionnelle.

Il existe beaucoup d'idées reçues : un HPI n'est pas forcément un génie, ni un élève parfait. De même, tous les enfants précoces ne deviennent pas des adultes HPI épanouis et tous les adultes HPI n'ont pas de problèmes de sociabilisation ou autre. L'intelligence cognitive est un indicateur, mais elle n’est qu’une facette de la personnalité. Il ne faut faire aucune généralité.

2. Les signes qui peuvent interroger

Certaines caractéristiques peuvent laisser supposer un fonctionnement HPI :

Une grande rapidité d'apprentissage.

Une pensée très critique et analytique.

Une tendance à l'ennui face aux tâches routinières ou aux apprentissages linéaires.

Une forte empathie et une hypersensibilité.

Une imagination débordante.

Une relation émotionnelle aux objets forte.

Un sentiment de décalage par rapports aux autres, leur pensée, leur façon de faire.

L'impression de prendre en compte beaucoup plus de chose dans ses raisonnements, beaucoup parlent d'une vision 3D quand les autres sont en 2D.

Une curiosité insatiable et un besoin de comprendre les choses en profondeur.

Vouloir comprendre et s'attacher au pourquoi, sur la plupart des sujets.

Ces signes ne sont toutefois pas exclusifs aux HPI. Tout est question d'ensemble et de curseur.

Il existe beaucoup d'autres signes, disponibles en ligne.

3. Les limites de l'auto-diagnostic

Aujourd'hui, il existe de nombreux tests de QI disponibles en ligne. Cependant, ils sont rarement fiables. Les outils validés scientifiquement sont administrés par des professionnels de la psychologie, tels que le test de Wechsler (WAIS) pour les adultes.

L'auto-diagnostic peut engendrer des erreurs d'interprétation. Nombreux sont ceux qui se reconnaissent dans les descriptions des profils HPI, car les caractéristiques mentionnées sont très générales et peuvent se retrouver chez des individus au fonctionnement psychologique différent (anxiété, trouble de l'attention, hypersensibilité). Et de nos jours avec toutes les atypies répertoriées, c'est d'autant plus compliqué.

Seul un psychologue formé aux tests de QI est en mesure d'établir un diagnostic fiable.

En soi, le diagnostic ne changera pas la façon dont vous vous percevez, et ce travail d'acceptation de vous-même dans toute votre différence n'en sera que très peu simplifié.

4. Pourquoi passer un test de QI ?

Passer un test de QI n'est pas une simple formalité. Pour certains, cela peut répondre à des interrogations profondes sur leur mode de fonctionnement et les difficultés qu'ils rencontrent dans leur quotidien (ennui au travail, sentiment de décalage, incompréhension des autres).

Cependant, il est important de se poser la question de la finalité :

Pourquoi voulez-vous savoir si vous êtes HPI ?

Cherchez-vous des réponses à des difficultés personnelles ou professionnelles ?

Est-ce une quête identitaire ou une simple curiosité ?

Dans tous les cas, un test bien mené doit être suivi d'un débriefing approfondi pour comprendre les résultats au-delà du chiffre brut du QI. Et il est important de se rappeler qu'il ne s'agira que d'une évaluation de votre performance cognitive, et que de nombreux facteurs peuvent venir influencer le résultat le jour de la passation. Il n'est pas rare qu'il y ai de faux positifs et de faux négatifs, encore plus chez les enfants.

5. Attention aux biais sociétaux

Le concept de HPI a connu une popularité croissante, notamment à travers les médias et les réseaux sociaux, mais y compris sur nos écrans avec une série Française diffusée sur TF1 dénommée HPI et également un remake diffusé aux Etats Unis. Pourtant, cette mise en avant médiatique au fil des années a souvent véhiculé des clichés, tels que le mythe du génie solitaire ou l’idée que les HPI sont tous des personnes socialement inadaptées, des personnages hauts en couleur, etc.

Il est donc essentiel de replacer le diagnostic HPI dans un cadre rigoureux, loin des simplifications abusives. Le HPI ne définit pas une personne dans son ensemble. Il est une des nombreuses dimensions qui composent un individu.

 

Le diagnostic peut apporter un éclairage sur certains comportements ou ressentis.

En comprenant son propre fonctionnement, il devient possible d’adapter ses stratégies d’apprentissage, de travail ou de gestion émotionnelle.

Toutefois, attention à éviter le piège de l’étiquette : Il est important de ne pas se limiter à l’étiquette HPI. Il s’agit d’une information parmi d’autres qui doit servir à enrichir la connaissance de soi, mais pas à enfermer dans un cadre rigide.

Savoir si l’on est HPI est une démarche personnelle qui doit être abordée avec rigueur et discernement. 

Se poser la question du HPI, c’est avant tout se poser la question de son propre fonctionnement, interroger l'écart ressenti avec les autres et de ses attentes vis-à-vis du monde qui nous entoure. Et si cette démarche peut être utile, elle doit être entreprise avec prudence pour ne pas tomber dans les simplifications ou les biais que la popularisation du concept a pu engendrer.

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