Orientation et reconversion, on aborde l'un des gros tabou : la flemme réflexive
Le premier frein à l'orientation c'est l'individu, son mindset et surtout sa flemme réflexive.
Alors ensuite, le cadre, le système, les outils, l'intervenant .. bien sûr qu'ils ne sont pas inertes, j'en ai largement parlé dans mon ouvrage de recherche (accessible sur zenodo open science : https://zenodo.org/records/15607008).
Mais à la base, il y a la flemme de devoir se concentrer dans un parcours de réflexion.
D'introspection.
Il y a ce moment où il faut se poser, réfléchir à son parcours, gratter un peu dans son introspection.
Et là, beaucoup décrochent.
Vous voulez un résultat idéal, mais vous n'êtes pas capable de fournir l'effort que cela demande.
Faudrait que ce soit engageant.
Qu'on puisse se le représenter avec douceur, des couleurs pastel accueillantes.
Des trucs fun à faire où on passe un bon moment.
Un peu comme si on était parti en week-end.
Forcément, les résultats sont à la hauteur : superficiels, convenus, sans réel alignement personnel.
Vous ne remplacerez pas le jus de cerveau nécessaire à un choix à enjeu en pleine conscience par une petite vidéo, ou un test psycho / bilan d'orientation.
Vous avez tellement été habitué à ce que tout soit instantané, divertissant, plaisant et engageant que l'effort de réflexion est devenu encore plus difficile qu'il ne l'était déjà.
Les neurosciences le rappellent : l’effort de réflexion coûte cher au cerveau, surtout dans un monde saturé de distractions et d’immédiateté. Et alors depuis que l'IA entre dans nos vies...
Quand vient le moment de choisir un dispositif d’orientation, beaucoup évaluent surtout le critère du moins chiant :
le moins long, le moins prenant, celui dont le résultat final est concret, une idée oui, mais appuyée sur un dossier d'analyse qui fait sérieux.
Vous choisissez le type / service d'orientation avec des critères d'évaluation qui sont en contradiction totale avec vos objectifs.
Une orientation qui a du sens se construit sur le temps long, en conscience.
Le temps long permet d’éprouver ses envies, de confronter ses idées et d’éviter les choix par défaut.
Mais il n’a de valeur que s’il est habité par la conscience, c’est-à-dire la lucidité sur ce qui nous guide vraiment.
C’est en combinant durée et conscience qu’un choix devient solide, aligné et porteur de sens.