Le "ressenti" est devenu un outil de manipulation dans l'échange.
Ah si vous n'acceptez pas le ressenti de l'autre, attention ! Vous êtes un gros vilain (au féminin ça marche aussi).
Un terme que l'on vous balance comme argument et qui doit être accepté par bienveillance et empathie.
Tout est "ressenti", d'où le problème.
L'invocation du "ressenti" est devenu un mécanisme dans une discussion pour la clore sans devoir s'expliquer. Une manipulation subtile.
En fait, c'est juste : "voilà ma perception". Elle ne se discute pas.
Ah bon ?
C'est aussi croire que SA réalité est LA réalité. Aie.
Mais si cette perception n'a aucun lien avec la réalité, on fait quoi ?
Donc, ne vous faites pas balader par le "ressenti" de votre interlocuteur et osez le questionner.
Toute l'affaire est de le questionner de façon empathique pour ne pas être considéré comme un vilain.
Osez aussi faire le parallèle avec votre propre ressenti et la réalité des faits.
Bien souvent, il s'agit d'un malheureux mélange.
Questions à poser dans un ordre qui peut amener le débat :
"Pourquoi considères-tu que l'on ne doit pas discuter des ressentis ?"
"T'arrives-t-il parfois de ne pas comprendre mes ressentis ?"
"Envisages-tu que cela puisse également m'arriver ?"
"Qu'est-ce qui te fait ressentir cela ?"
"Quels éléments objectifs pouvons-nous vérifier ensemble ?"
"Quels sont les faits, en dehors de toute interprétation, sur lesquels sont construits tes ressentis ?"
"Penses-tu que ce fait ou ces faits auraient pu créer un ressenti différent chez quelqu'un d'autre ?"
Non parce que bon, y en marre de se faire balader avec des conneries, sous des prétextes de bien-pensance et de bienveillance fallacieuse.