Le bruit et le vrai - l'écho d'une fable sur les réseaux sociaux
Vous êtes bombardés de posts ou de commentaires "pépites" toute la journée.
Tellement qu'il y aurait de quoi nourrir la planète avec tout cet or, à vous écouter.
J'en ai la nausée, vivement le prochain trend langagier.
Quand ce n'est pas ça, ce qui est brandi comme l'ultime, c'est l'authenticité.
Seuls certains savent naviguer pour être authentique malgré la moutonnade conceptualisée.
Par contre, l'authenticité des connexions reste invisible.
Moi, je n'y réussis pas au milieu des leçons de vie en 3 lignes et des "hacks" en tout genre.
Des phrases inspirantes qui tournent en boucle.
Des DM's, des posts, des commentaires, des groupes, des calls découvertes, des live, des masterclass, des conférences et pourtant dans cette farondole de liens, dans cette quête affichée de connexion, le lien réel n'existe pas, il reste fictif.
La superficialité semble être façonnée par le réel à travers l'action de tous.
Est-ce un prompt, une intention dont le résultat est approximatif, et pourtant efficace.
Plus on nous vend du prêt-à-penser, moins on réfléchit vraiment.
Plus on nous dit que ressentir, moins on se demande ce qu'on ressent vraiment.
Le truc, c'est que la vérité nuancée ne tient pas souvent en 1200 caractères.
Elle ne s'exprime pas toujours en phrase courte, en mot pompeux, comme si l'on écrivait pour un gamin de 12 ans, n'en déplaise à certains. Et ici, c'est justement ce que je fais, une contrainte que je m'impose aujourd'hui.
Car, à la vue d'un pavé, combien swiperont, même si c'est écrit avec des mots simples ?
Les prêcheurs du "bon" contenu, savent-ils qu'il est possible de décrire des concepts très compliqués avec des mots simples et que cela n'en assure pas forcément la compréhension ?
Cela voudrait-il dire qu'il faut des concepts simples et des mots simples dans des phrases simples ? Yikes !
Le pouvoir et l'emprise du divertissant sur les esprits me sidère. L'activité journalière de tout un chacun est telle qu'il vous faut absolument vous divertir autant ? Il vous manque peut-être un peu de plaisir dans votre travail alors...
Faut-il combattre ou faut-il s'adapter ? Faut-il écrire avec des roses dans la voix et des tournures humoristiques pour être écouté de ceux qui ne veulent pas penser ?
Je fais partie de ceux qui sont circonspects devant ce spectacle routinier.