Accéder au contenu principal
L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

🔥 10 raisons de remettre en cause l’injonction « Prendre soin de soi pour prendre soin des autres »

➊ C’est une injonction paradoxale

 Elle fait du soin de soi une nouvelle norme morale. Tu dois aller bien. Si tu ne vas pas bien, tu es irresponsable. Résultat : stress accru et culpabilisation chronique. → Cf. Ehrenberg, 1998 : La fatigue d'être soi.

➋ Elle confond condition et alibi

 Prendre soin de soi devient un prétexte pour ne pas s’occuper des autres : "Je dois d’abord penser à moi." Or l’éthique du care (Tronto) repose sur la relation, pas sur une condition préalable d’équilibre personnel.

➌ Elle repose sur une vision individualiste du care

 Cette maxime ignore les dynamiques systémiques : ce ne sont pas les individus mais les structures (temps, ressources, reconnaissance) qui empêchent ou permettent le soin des autres. → Cf. Fraser, 2014 : redistribution et reconnaissance.

➍ Elle justifie les inégalités sociales

 Elle fait porter la responsabilité du soin sur les individus, souvent les femmes, sans jamais remettre en cause les rapports sociaux. → Cf. Delphy, 2001 : travail gratuit et charge mentale.

➎ Elle naturalise la souffrance et invisibilise l'effort

 On ne voit plus le soin des autres comme une compétence ni un travail, mais comme une extension « naturelle » du soi équilibré. → Cf. Mol, 2008 : The Logic of Care.

➏ Elle invisibilise les aidants précaires

 Beaucoup prennent soin des autres sans pouvoir prendre soin d’eux-mêmes (aides à domicile, proches aidants…). Leur engagement ne dépend pas de leur bien-être. → Cf. Paperman & Laugier, 2006 : politiques du care.

➐ Elle crée une hiérarchie morale biaisée

 Celui qui prend soin de lui serait « plus apte » à aider. Cette hiérarchisation exclut les personnes fragiles, malades, instables, de l’espace de la solidarité. C’est une morale du mérite, pas de la relation.

➑ Elle détourne la responsabilité collective

 Elle fait croire que le soin passe par un effort individuel de bien-être plutôt que par des politiques de santé, de temps de travail, ou de reconnaissance du travail invisible. → Cf. Clot, 2010 : pouvoir d’agir entravé.

➒ Elle promeut une logique néolibérale du self-care

 C’est la version psychologisée du développement personnel : bien-être, mindfulness, performance émotionnelle… pour « rester utile ». → Cf. Illouz, 2006 : capitalisme émotionnel.

➓ Elle rend le soin conditionnel, alors qu’il est souvent inconditionnel

 Beaucoup de gens aident, soutiennent, aiment et soignent sans être eux-mêmes en paix, équilibrés ou épanouis. L’humanité ne se mesure pas à l’alignement intérieur.


J’articule une bonne partie de ces auteurs dans mon dernier ouvrage : l’orientation professionnelle désassignée. Un travail en cours de finition, où je démonte les fausses évidences de l’accompagnement et propose des pistes rigoureuses pour penser autrement le lien, la posture, et les conditions réelles du soin ... au travail comme dans la vie.

Recevez des ressources pour réfléchir et optimiser scolarité et travail.

© philippevivier.com. Tous droits réservés.

Article L122-4 du Code de la propriété intellectuelle : « Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur […] est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque. »


Historique & Infos


Cabinet créé en 2004.
Site web et contenus refondus en 2012.
N° SIRET : 48990345000091
Mentions légales.

Adresses


  • 254 rue lecourbe
    75015 Paris
  • 23 avenue de coulaoun
    64200 Biarritz
  • 71 allée de terre vieille
    33160 St Médard en Jalles
  • 16 Pl. des Quinconces
    33000 Bordeaux
Tel. 06.73.17.66.67

Contact


Interviews