La preuve sociale : Lucky Luke, returning customer, m'a tanné pour que je coach Rantanplan
Le soleil cognait fort cet après midi là sur Daisy Town ou j'avais décidé de rester pour quelque temps, les rues désertes soulevaient encore des nuages de poussière. C'était toujours aussi relou ! J'étais là, au même endroit que la dernière fois, à me frotter l'œil en attendant qu'il sorte du saloon. Faut vraiment que je change de spot 🙄
Depuis notre discussion, Luke avait délégué pas mal de boulot, et fait évoluer son concept avec quelques jeunes cow-boys prometteurs en lançant son programme de mentorat pour les "cowboypreneur". Sa newsletter était au top, le business tournait bien.
Il sort enfin avec une démarche alignée et un sourire aux lèvres. À ses côtés, un chien maigrelet qui avait pas l'air frais.
— Salut Phil ! me lance Luke. Tu te souviens quand tu m'as aidé à sortir de ma déprime et à scale mon biz ?
Je hoche la tête, d'un air assuré.
— Bon faut vraiment que tu m'aides sur ce coup-là, dit-il, en me montrant le cabot.
— Attends, je suis pas éducateur canin, moi !
Alors je tente quand même d'en savoir plus, pour avoir l'air concerné : c'est quoi le problème au juste ?
— T'es un as, mon gars. Je reviendrai ce soir. Il a juste besoin de se sentir utile à mon avis !
Alors à cet instant, j'ai bien pensé à partir direct sur son "why", on m'a dit que c'était un vrai 4x4 ce bazar-là.
Mais chercher un "why" profond chez Rantanplan, même si c'est juste pour finir par encadrer les prisonniers, c'est aussi futile que les influvoleurs qui nous expliquent l'importance des KPIs, et leur likeurs qui balancent "c'est pépite" à tout va. Alors, j'ai passé la fin de l'après midi à me faire bien chier, et puis Rantanplan, rien à faire des "pépites", lui...
Le soir venu, il revient vers moi tout guilleret, mais j'ai dû lui avouer...
— Luke, je vais devoir décliner. Un coach sait reconnaître ses limites. Je peux pas t'aider dans ce... cas particulier. Ce serait malhonnête de te faire croire le contraire juste pour prendre tes biftons.
Luke fronce les sourcils, visiblement déçu.
— Tu sais, parfois le meilleur service, c'est de refuser un client qu'on ne peut pas aider. Il vaut mieux être honnête que de vendre du rêve. Peut-être que ton chien a juste besoin que tu acceptes la limite ?
Un sourire réapparaît sur le visage de Luke :
—Tu sais quoi ? C'est vrai, je cherchais à le faire rentrer dans une case qui n'est pas la sienne.
Est-ce que ça s'est bien fini ? Bah oui pardi !
Rantanplan est devenu mascotte officielle du Business de Luke. -- Il ne sert à rien et personne ne lui en demande plus.
Luke a intégré Rantanplan dans sa stratégie personal branding, "Même les cas les plus désespérés ont une place dans l'écosystème", qu'il dit maintenant dans ses conférences.
Et moi ? Je me suis pris un coup de tête par Jolly Jumper qui trouvait que j'avais donné trop d'importance à ce cabot dans l'organigramme.
--------------------- THE END. -----------------------------
PS : Non, je ne vends pas de coaching, ni de thérapie, pour animaux domestiques.
PS2 : Rantanplan n'a pas donné son consentement pour cette histoire, mais je sais déjà que personne n'ira vérifier.
PS3 : Je m'en care moi, qu'il aurait fallu le poster hier pour le 1er avril !
PS4 : Cela ne s'inscrit pas dans une ligne éditoriale claire ? Ça tombe bien j'en ai pas. Trop barbant.
PS5 : Non mais c'est bon là, moi je me casse de Daisy Town, j'en ai trop mare de la poussière qui vole.
PS6 : (Ah merde elle n'est pas encore sortie...)