Si le Burn-out est devenu pour toi un badge identitaire : tu devrais lire ceci.
Je remarque une chose chez beaucoup de ceux qui disent avoir fait un Burn-out. Malgré des histoires, des métiers et des effondrements très différents, le rapport à ce qu’ils ont vécu finit souvent par se ressembler.
D'ailleurs le pro de l'accompagnement Burn-out te le présente toujours comme cela, aidé par le chat... :
"Tu as surperformé.
Tu t’es épuisé.
Tu t’es effondré."
En fait, la société t’a donné un badge.
Le badge du Burn-out.
Et ce badge est extrêmement puissant.
Il permet aux autres de comprendre immédiatement que tu as souffert et ce qui t'es arrivé, dans quel contexte.
Ensuite, ce n'est pas juste un label : il apporte de la reconnaissance, du réconfort, parfois même une forme de légitimité nouvelle.
Il a plein d'autres fonctions : Il peut expliquer ton passé, devenir une partie de ton identité.
Il peut même devenir une expertise : tu l’as vécu, donc tu peux désormais en parler avec connaissance et assurance et même en faire un business, accompagner les autres, transmettre les « signaux faibles », les « causes » et les moyens de l’éviter.
Le problème n’est pas ton vécu ni ta souffrance réelle.
Le problème commence lorsque le badge vient remplacer l’enquête sur ce qui t’est réellement arrivé et vraiment remonter à TES causes.
Parce que « j’ai fait un Burn-out » donne l’impression d’avoir déjà expliqué quelque chose.
Alors que scientifiquement, l’objet que ce mot prétend désigner reste incapable, après cinquante ans de recherche, d’établir clairement sa propre spécificité.
Et pourtant, plus le badge devient important, plus sa remise en question devient difficile.
Et celui qui interroge le concept devient presque celui qui « n’a pas compris ».
C’est précisément là que le badge devient ton problème sans que tu ne le comprennes.
Parce que tu ne défend plus seulement un concept, tu défends ce qu'il est pour toi, ton attachement à ta souffrance.
Une identité parfois.
Un récit partageable.
Un moyen extrêmement efficace de faire comprendre aux autres ce que tu as traversé, mais aussi ce que tu as vaincu.
Et c’est peut-être pour cela qu’il est si difficile de revenir en arrière.
Le problème, c'est quand tu interdits intérieurement quiconque de demander : ce que tu as vécu existe, mais rien ne garantit que le mot Burn-out l’explique ou le représente ?
Là, tu t'enfermes dans ton vécu et sa représentation, et c'est justement là ou tu est pris au piège. Je travaille un article approfondi sur le sujet.
Si tu as vécu un Burn-out et que tu entends cette articulation, alors peut être que redéconstruire l'histoire qui crée le liant artificiel à ton vécu pourrait enfin te libérer ?
Et avant de t'engager dans quoi que ce soit, tu peux lire mes travaux pour y réfléchir en substance...