Juger c'est bête et méchant. Quand les masses philosophent, cela produit ce type d'injonctions paradoxales.
Le jugement est une fonction cognitive inhérente à l'esprit humain, que la science a démontrée comme automatique et essentielle à notre survie.
Dès qu'un stimulus nous parvient, notre cerveau le catégorise instantanément, évaluant sa pertinence et son risque.
Ce processus est rapide et inconscient, car il repose sur des mécanismes d'adaptation qui nous permettent de réagir sans perdre de temps.
Il est donc incontrôlable. Pour le répéter autrement, nous ne pouvons pas nous empêcher de juger et d'évaluer.
L'ignorance de ce fonctionnement automatique donne souvent lieu à des injonctions empruntées à des philosophies de comptoir, empruntées d'un développement personnel lénifiant ou une bien-pensance bienveillante.
Ces discours ignorent que l'acceptation véritable de l'autre nécessite d'abord et inaltérablement un jugement.
Un jugement qui philosophiquement serait donc non pas moral, mais une reconnaissance de l'altérité, de la différence. Sans cela, il est impossible d'accepter pleinement l'autre, car l'acceptation ne peut surgir que d'une confrontation émotionnelle et raisonnée avec ce qui nous est extérieur.
En pratique, le jugement humain est influencé par des valeurs morales, car notre éducation, nos croyances et nos normes sociales influencent toujours notre manière d’évaluer ce qui nous entoure.
Et là, c'est la psychologie sociale qui le montre.
Tout individu exerce un jugement "moral".
Et non, aucun sage ne peut atteindre le niveau hypothétique du "non-jugement" si valorisé.
Ça y est, vous pouvez respirer, jugez joyeusement.
Par contre, interrogez-vous, demander ou prôner le non-jugement, n'est-ce pas juste pour ceux qui ont besoin d'annihiler l'analyse de l'autre, et qui ne souhaitent pas que l'on interroge une bricole de trop près ?
Je réponds "oui bien sûr", et vous ?