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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

🧠 Madame Borne (ministre de l'éducation) ou l’art d’exercer sans compétence

Dès son arrivée au ministère de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne annonce la couleur : « Je ne suis pas spécialiste de l'Éducation nationale ». Lorsque l'on n’a pas les compétences, on ne prend pas le poste. Ni le client. Ni la mission. Point.

Car dans l’éducation, les idées, bien réfléchies de préférence, avant d'être annoncées, ne suffisent pas. C’est leur mise en œuvre qui fait la différence. Alors, oui, éduquer à la sexualité, à l’orientation ou à l’égalité, c’est fondamental. Mais confiées à la mauvaise personne, ces idées deviennent des épouvantails. 
Quand la ministre elle-même se déclare incompétente, comment espérer ? Quand on est pro, on le sait : la compétence précède toujours l’intervention. Pourquoi ce principe élémentaire ne s’appliquerait-il pas à un ministère ? 

Quand un chirurgien se dit "pas très à l’aise avec les bistouris", on ne le laisse pas opérer. Quand un psy ou un coach, dit qu’il ne comprend pas les bases de la psychologie et du comportement humain, on ne lui confie pas un ado en détresse, ou qui que ce soit. Mais à la tête du ministère le plus structurant pour l'avenir du pays ? Pas de problème. Tout passe.

Sauf que non. Tout ne passe pas.

Et surtout pas ce qui suit.

Une éducation à la sexualité incohérente : entre principe vide et application molle

L’intention ? Louable. Éduquer à la sexualité, au respect, à l’égalité des sexes dès le plus jeune âge.
Mais pas dans cet ordre et encore moins fondé sur des idéologies !
Le programme ? 
Il est le fruit d'une mouvance mièvre et ridicule. 

Tout cela pour intégrer des terminologies très tôt, dans une société qui ne sait plus comment réguler les problèmes qu'elle se crée.

Un programme "indispensable", oui. Mais en réalité ?
L'école prends le relai éducatif des parents sur cette question avec une volonté de normalisation gênante et questionnable.
La problématique, c'est que celle ci, sera teintée par l'idéologie de chaque enseignant qui aura la charge de faire passer le message. Avec les mêmes errances et manque d'aptitudes psychologiques ou volonté d'implication que sur l'encadrement des HPI et des atypies.

Jusqu'où ira le décalage entre volonté affiché et dérapages sur le terrain, nous le saurons bientôt.

Le courage politique, comme la compétence pédagogique, ne s’improvisent pas.

Passons maintenant à L’orientation dès la maternelle qui nous occupe désormais dans le paysage médiatique.

Dernière lubie en date : “réfléchir à l’orientation dès la maternelle”, "on doit veiller à ne pas conditionner leurs choix d’orientation".

Le problème, c'est si cette jolie problématique est confiée, au fond, à tous ces pantins psycho-scientificos qui construisent une orientation, heu pardon, une insertion, sur la base de tests de personnalités.

Orienter ? Qui ? Des enfants de 5 ans ? Sur la base de quoi ? Comment ?
Leur capacité à rester assis sur un petit banc ? Leur passion pour les puzzles ?

Il faut veiller à ne pas "imposer de biais précoce". C'est donc un tout nouveau système d'éducation qui est prévu ? Ou on leur parlera en fait de bleu, de rose et de genre ?

Ce n’est pas d’orientation dont on parle ici, c’est de dressage. C’est la vieille tentation technocratique : diagnostiquer tôt pour trier vite.

Mais l’orientation, la vraie, est un processus long. 

C’est une éducation à la prise de décision, à l’exploration et à la pensée critique. Pas une assignation précoce.
Et un système scolaire qui valorise l’autonomie, pas la conformité.

Et ça, c'est justement ce que ne souhaite surtout pas le système. Ce serait un merdier sans non pour l'économie.

Madame Borne, si vous étiez compétente et saviez quand ne surtout pas "faire", vous auriez compris que :

- L’éducation sexuelle ne se résume pas à des infos listées dans un PowerPoint validé en conseil des ministres.
- L’orientation, c'est l'antidéterminisme, c’est une culture du choix. Et personne n'est dupe, ce n'est pas l'objectif d'un système économique qu'est l'état.
 - L’enfance n’est pas un temps de tri, mais un temps d’ouverture au monde.

Vous cherchez à imposer des fondements idéologiques simplement en vous y prenant plus tôt. C'est une manipulation d'une envergure qui m'attriste profondément.

On peut porter de grandes idées sans avoir la stature pour les incarner. On peut vouloir bien faire, mais mal le faire.
Et quand on dirige un ministère, on n’a pas le droit à l’amateurisme.
Pas plus qu’un psy, un coach ou un éducateur n’a le droit de projeter ses lacunes sur les enfants qu’il accompagne.

Les parents avaient déjà une mission ardue de transmission, maintenant, ils auront également la lourde tâche de déconstruire l'influence de vos oeuvres. Merci pour notre charge mentale.

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