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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

Critique du Vademecum « Scolariser un élève à haut potentiel (EHP) »

La critique du document présenté est avant tout sous l’angle de son objectif principal, puisque celui-ci est bien de « former » les enseignants au fonctionnement de l’enfant surdoué dans un processus d’apprentissage et de leur indiquer les actions à mettre en œuvre en fonction des situations ou des problèmes.

La formation et le bon vouloir des enseignants est au cœur du problème de la scolarité des EHP (EIP, HPI, surdoués)

Si cette question vous intéresse, vous n’êtes pas sans savoir que les textes officiels mentionnent que tout enseignant intégrant un EHP dans sa classe est tenu de suivre une formation. Généralement, cette formation est disponible sur Éduscol et via un Vademecum.

Dans le Vademecum « Scolariser un élève à haut potentiel (EHP) » on peut lire : « Chaque enseignant doit veiller à l’inclusion de l’élève à haut potentiel dans sa classe, se former, changer et proposer une différenciation pédagogique en s’appuyant sur les points forts de cet élève. »

Donc bien évidemment, cela sonne parfaitement bien mais dans son application, la première chose que l’on peut se demander, c’est si cette formation est suffisante. Que va-t-elle concrètement permettre à l’enseignant de mettre en place et pour quels effets ?

Quand vous consultez le Vademecum, en lisant le sommaire, vous constatez qu’il n’y a que deux maigres pages sur les adaptations pédagogiques, pages 9 et 10. Or, cela implique directement ce que l’enseignant peut proposer et mettre en place.

Pour pouvoir définir si une formation est suffisante, dans le monde de la formation pour adulte, il s’agit d’un processus itératif intégrant une boucle avec une session de feedback pour s’assurer de la pertinence et de l’efficacité de la formation.

Dans le cas qui nous occupe, minimisons nos attentes et tentons de définir si elle permet au minimum au professeur d’appréhender l’élève, son action et ses résultats, pour définir avec précision ses acquis ? Est-il formé à évaluer un EHP ?

Cela pose une autre question, comment faire la différence entre un EHP qui a les acquis mais qui ne veut pas se fatiguer et un autre, qui n’a pas les acquis, via une évaluation standard que passent tous les élèves d’une classe ?

La question de l’évaluation fine des acquis est ici centrale, car une mauvaise appréciation de ses acquis va engendrer un arsenal d’aménagements qui n’iront pas forcément dans le bon sens.

Cette formation des enseignants est un prérequis essentiel pour être en capacité de comprendre plus finement la situation et les problèmes éventuels ainsi que les spécificités d’apprentissage, entre autres, c’est ce qui permettra une évaluation juste du problème or cela ne suffit pas, il faudra également que l’enseignant y passe du temps, d’observation mais également à questionner l’élève.

1)    La nature de la formation des enseignants

Alors qu’y a-t-il dans le Vademecum de l’éducation nationale qui est le premier outil de formation des enseignants ?
Beaucoup de choses très importantes, sans rentrer dans le détail un rapide coup d’oeuil au sommaire va nous renseigner.


1. L’élève à haut potentiel 
A. Qu’est-ce qu’un élève à haut potentiel (EHP) ? 
B. Comment repérer un élève à haut potentiel (EHP) ? 
2. Les parcours de scolarisation de l’élève à haut potentiel (EHP) 
A. Quel cadre officiel pour la scolarisation de l’élève à haut potentiel (EHP)?     
B. Comment aménager et adapter le cursus scolaire ? 
1. La différenciation pédagogique 
2. Le tutorat par les adultes 
3. L’enrichissement du parcours 
4. Le décloisonnement 
5. L’accélération du cursus         
6. La mise en œuvre d’un espace dédié
C. Quels outils de formalisation des parcours pour l’élève   haut potentiel ? 
1. Le programme personnalisé de réussite éducative (PPRE).         
2. Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP) 
3. Les acteurs de la scolarisation et de l’accompagnement de l’élève à haut potentiel 
A. Quels sont les acteurs   mobiliser pour repérer un l’élève à haut potentiel ? 
1. La famille ou le représentant légal de l’élève 
2. L’identification par un psychologue 
B. Quels sont les acteurs à mobiliser pour intervenir dans le parcours scolaire de l’éléve à haut potentiel ?         
1. Le rôle du référent académique 
2. Le rôle du directeur d’école ou du chef d’établissement 
3. Les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) 
4. Le rôle du médecin de l’éducation nationale 
5. Le rôle de l’infirmier(ère)de l’éducation nationale 
6. Le rôle des partenaires extérieurs intervenant auprès de l’EHP 
7. Le recours aux associations 
Conclusion                                                                            


A la lecture de ce sommaire, vous pouvez constater qu’il s’agit d’un guide pour le repérage, les aménagements au niveau de la classe et la prise en charge générale des enfants surdoués.

Ce qui intéresse le parent qui souhaite approfondir les éléments concernant les aménagements se situe au chapitre 2 point B : « Comment aménager et adapter le cursus scolaire ? »

Voyons cela dans le détail à présent, puisque c’est bien de la qualification du professeur à encadrer un enfant EHP qui est la question sur laquelle nous nous interrogeons dans cet article.

Nous trouvons donc cinq types d’aménagements, la différenciation pédagogique, le tutorat par les adultes, l’enrichissement du parcours, le décloisonnement et l’accélération du cursus.

 

La différenciation pédagogique

On trouve un texte expliquant ce qu’est la différenciation pédagogique : « La différenciation pédagogique peut aller de l’adaptation de la tâche à la progression accélérée dans une ou plusieurs matières en fonction du rythme de l’élève. »

Une phrase très générale, qui ne précise rien et qui appelle beaucoup de questions. Quels indicateurs permettent de déterminer s’il faut adapter la tâche ? Pourquoi ces indicateurs ? Comment s’assurer de l’analyse ? De quelle manière ? Dans quel but ? Comment cette tâche est-elle adaptée et pourquoi ? etc. Nous pouvons poser des questions du même type sur la progression accélérée ou l’évaluation du rythme de l’élève.

Une chose est claire, même sans éléments précis sur tout cela, le succès de cette action dépend principalement de l’oeuil averti du professeur, de la façon dont il identifiera pertinemment les problèmes, et dont il approfondira la question. Et sur les réponses qu’il aura à toutes ces questions et on peut imaginer que les différents types d’aménagements de la tâche sont expliqués dans un autre document.

Le tutorat par les adultes

C’est surtout pour les problèmes de méthodologies, par contre attention, et cela fera l’objet d’un autre article, quels vont être les méthodologies proposées en fonction des situations et pourquoi ?

Il est mentionné également quelques bénéfices secondaires du tutorat qui n’ont pas d’intérêt dans le cadre de cet article.

L’enrichissement du parcours

Il s’agit surtout de proposer des enrichissements dans les apprentissages, ils sont décomposés en trois types, avec des exemples, présentant ce qui pourrait être mise en place. Cela dit encore une fois, rien n’est indiqué concernant les différents indicateurs sur lesquels être vigilant afin de savoir si en fonction de la situation il serait plus judicieux de proposer un enrichissement de type I, II ou III. Le professeur est-t-il en mesure de comprendre quoi faire et pourquoi et de l’expliquer aux parents le moment venu ?

Le décloisonnement

Il est expliqué que cela permet une grande souplesse et doit être mis en place aussi souvent que possible et il consiste à proposer à l’élève de suivre certains enseignements dans une autre classe à fin que ce soit plus cohérent par rapport à son niveau.

Encore une fois ici, l’évaluation des acquis et du niveau général de l’élève sont prépondérants et toute erreur d’analyse, d’approfondissement ou d’évaluation du professeur ne pourra pas permettre ce décloisonnement alors que c’était peut-être judicieux.

L’accélération du cursus

On n’y présente les différents types d’accélération, du simple saut de classe au raccourcissement de cycle sous forme de compactage, à l’inscription dans une classe à double niveau. Il est précisé que cela doit répondre aux attentes des élèves en termes de connaissances et on se retrouve encore ici sur la question de l’évaluation des acquis par le professeur qui conditionnera cette accélération de cursus.

Il y est précisé également trois choses que je trouve fondamentales, la première c’est que cette accélération du parcours peut être une réponse pour certains EHP qui semblent peu performant expliquant qu’ils ont pu se désinvestir et se désintéresser du travail scolaire et la seconde, c’est que leur niveau réel d’acquisition scolaire est souvent difficile à estimer et peut différer des évaluations de type QI et la troisième est qu’il est nécessaire d’anticiper ce saut de classe.


Nous pouvons donc répondre ici avec la plus grande certitude : L’enseignant n’est pas formé via le Vademecum à l’évaluation des acquis d’un EHP !

Il est seulement formé à identifier un EHP dans une classe et il lui est expliqué 5 types d’aménagements mais absolument pas à identifier des indicateurs précis dans le travail effectué par l’élève, ni les questions types à poser en fonction des situations pour approfondir et comprendre l’origine et donc la réalité du problème ou de la difficulté identifiée et des solutions pertinentes à y apporter.

Il n’y a absolument rien sur les indicateurs ou les méthodes d’évaluation pour définir avec justesse les acquis.

 

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