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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

Coup de gueule envers les vendeurs d'orientation. Ils sont très forts, ils ont créé 2 types de parents, lequel êtes-vous ?

D’un côté, il y a les parents qui pensent que se tromper, changer trois fois de licence, c’est normal. Mieux, c’est un processus naturel dans le choix d’une activité professionnelle.

De l’autre, il y a ceux qui considèrent que s’orienter, c’est faire un choix réfléchi et l’assumer. Pour eux, être perdu dans ses études n’est ni une religion, ni un mal nécessaire, mais une perte de temps, d’argent et d’énergie.

Si vous faites partie de ce second groupe, vous pouvez arrêter votre lecture ici. Cet article ne vous sera d’aucune utilité.

Aujourd’hui, je m’en prends à ce concept qui a visiblement convaincu le premier groupe de penser ainsi.

Comment transformer un échec vocationnel en norme ? Ah non pardon : en processus nécessaire de développement !

Ce phénomène ne se limite pas à l’orientation. Il touche de nombreux domaines : quand tu n’es pas capable de proposer un truc efficace, le mieux, c’est d’inverser le rapport. Transformer le problème en opportunité. Normaliser l’échec. L’intégrer au "processus".

Vous voyez l’astuce ?

C’est comme ces formations où l’on vous dit : « Si vous en retirez ne serait-ce que 1 %, c’est déjà bien ! ». Ce sont les files d'attente à Disneyland, qui se transforment en "fast lane ticket"...

En orientation, c’est pareil. Un discours se répand partout, dans les posts LinkedIn, les articles, les conférences :
📢 « L’orientation n’est pas figée, on peut se tromper, il faut dédramatiser ! »

Bien sûr... 🙃 Mais attendez un peu. Vous allez voir comment on mélange subtilement orientation et carrière pour vous vendre l'idée que se planter, c'est normal.

C'est tout ce discours pseudo bienveillant qui prône le cheminement 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥, où chaque pas est une opportunité d’apprentissage et de développement de soi. C'est beau...

Ce qui est surtout beau, c'est que cela légitimise ses hésitations, son errance vocationnelle, et à la moindre discussion, il vous fera : "bah quoi, c'est normal d'expérimenter, de changer d'avis, d'évoluer, d'apprendre sur le chemin de la vie !".

Ensuite, vous êtes coincé. Impossible de lui dire le contraire sans passer pour un parent rigide qui brime son épanouissement et surtout sans paraître incohérent et vous contredire.

C'est toute votre posture qui s'effondre : Vous ne semblez pas savoir de quoi vous parlez, alors pourquoi continuerait-il à vous écouter.

Vous ne serez plus un guide.

Et qui va subir les conséquences ?
Le pseudo-expert en orientation que vous avez décidé de croire ? Non. C’est votre gamin qui en fera les frais.
Je ne m'amuse pas à être alarmiste. Mais au delà d'un automatisme discutable, ces mécanismes sont d'une logique...

Combien d'entre eux sont sûrs de leurs compétences à vous faire réfléchir en profondeur et vous questionner pour faire un choix.

Eux même, ont ils approfondis leur choix ? Pourquoi vous proposent-ils de faire un bilan ? Pourquoi c'est la bonne méthode ? La meilleure ? Peuvent-ils la défendre face à d'autres approches, autrement qu'en brandissant la pseudo science fallacieuse de leurs tests ?

Car même s'ils vous ajoutent du "coaching" derrière, déjà cela n'en est pas toujours, et ensuite la base et le support de toute la réflexion reste le test.

Heureusement qu'il reste encore bon nombre de parents qui ne croient pas à ces belles histoires.

Un étudiant de terminale qui s'oriente mal et échoue en 2eme année post bac, ce n'est justifiable que par un mauvais accompagnement dans son choix.

C'est bien souvent le fruit d'une réflexion superficielle.

Si vous trouvez un professionnel qui vous vend de l'orientation et qui vous explique que se tromper fait partie du processus, il y a comme un problème, non ?

Pourquoi veulent-ils se protéger ?

Un parent qui fait appel à un service d'orientation pour son gamin, vient justement pour éviter qu'il ne se réoriente.

C'est quand même l'objectif numero uno.

Normaliser l'échec d'une méthode, n'est-ce pas se tirer une balle dans le pied, pour celui qui a choisi de la mettre en oeuvre ?

Il ne faut pas confondre se réorienter et changer de métier durant sa vie.

Se réorienter, c’est changer de voie en cours d’études.
Changer de métier, c’est évoluer après plusieurs années de métier.

Ce sont deux choses totalement différentes. Pourtant, on vous les vend comme si c’était la même dynamique.

Font ils l'amalgame car ils utilisent le même outil ? Bilan d'orientation pour les uns, bilan de compétences pour les autres, avec toujours le riasec comme base ?

Et comme l’outil est très limité, et même fumeux, ils préparent leur excuse en amont :
« Si votre ado change de voie, c’est parce qu’il grandit, évolue, c’est naturel et c'est important ! »

Non. Si on se réoriente, c’est qu’on a fait un mauvais choix.

Un mauvais choix, c’est souvent le fruit :
- d’une réflexion trop rapide,
- d’une décision influencée,
- ou d’un mauvais accompagnement

En 20 ans, j'ai eu 2 clients qui se sont réorientés, le premier m'a envoyé un mail m'expliquant qu'il avait continué à réfléchir (je l'ai utilisé sur mon site, pour illustrer les effets de l'autonomie dans mon approche) et finalement changé d'avis mais AVANT Parcoursup et le deuxième, je le suppose, car je ne suis pas au courant.

À ce stade, je n'ai plus qu'une question pour vous :

Votre Iphone 15 PRO, vous le ferez réparer chez un gars qui vous dira qu'il peut retomber en panne l'année prochaine ? 

En quoi c'est différent pour votre ado alors ?

Cela fait 20 ans que je me bat pour une orientation de qualité, et visiblement il y a plus de travail qu'avant.

 

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