Attention, la série Netflix "Adolescence" peut poser plus de problèmes qu'elle n'en révèle.
Malgré les discours dominants, la montrer à un ado en intégralité, doit interroger..
Certains élèves de 5e visionnent actuellement la série Adolescence, seuls. Ce contenu, bien que pensé pour aborder des thématiques sensibles de l’adolescence, n’est pas du tout adapté à cet âge, surtout sans médiation adulte.
Alors je sais, Elisabeth Borne pense que c'est une super idée !
➡️ Le dispositif proposé par le ministère vise des extraits choisis en classe de 4e, encadrés par un professeur, pour en discuter avec des repères éducatifs. (déjà y a de quoi s'interroger sur la capacité d'un prof à nommer ce qu'il faut et décrypter ce qu'il faut...)
Laisser des enfants la regarder seuls, sans filtre, sans explication, peut avoir un impact difficilement identifiable.
⚠️ Certaines scènes posent un problème :
• La scène avec la psychologue, notamment, montre un entretien orienté, une psy qui ne contrôle pas le cadre et pousse l'enfant à bout, c'est loin de la neutralité qu'elle se doit d'avoir... avec des questions et une volonté manifeste (de la scène) de choquer plutôt que de comprendre. Cela peut créer confusion, malaise ou rejet.
• Plus globalement, la série utilise l'émotionnel au détriment de la nuance. Cela peut marquer les enfants durablement, sans qu’ils aient les outils pour traiter ce qu’ils voient.
👉 Je vous conseille vivement de la regarder avant, de lire les critiques de psy vigilants, et de ne pas laisser les enfants la regarder seuls.
Elle peut aussi engendrer une influence durable, car elle peut augmenter un climat de suspicion déjà présent des filles envers les garçons.
📊 Un sondage YouGov (2024) a révélé que 53 % des jeunes femmes de 18 à 29 ans préfèrent croiser un ours qu’un homme en forêt, 31% choisissent l'homme.
Un chiffre frappant, révélateur d’une peur structurelle, mais qui ne doit pas être amplifié par des fictions mal encadrées.
À penser sur le long terme, associé à un contexte où les relations de confiance entre sexes sont déjà fragilisées chez les jeunes, la natalité s’effondre dans tous les pays développés.
Ce genre de série, sans cadre critique, peut nourrir la peur au lieu de développer la compréhension et les indicateurs pour favoriser protection et encadrement.
Des garçons peuvent intérioriser une culpabilité diffuse, voire un rejet de soi.
Des filles peuvent intégrer un rapport de méfiance comme norme, là où la relation à l’autre devrait se construire sur la complexité, l’explicite et la nuance.
On sait aujourd’hui que certains récits marquants émotionellements, surtout quand ils touchent à l’intime ou à la peur, peuvent devenir des repères implicites pour les jeunes. Sans mise à distance, ils s’intègrent peu à peu comme des cadres de référence : ce qu’on attend d’un garçon, ce qu’on craint d’un adulte, ce qu’on pense devoir ressentir dans une situation donnée.
C’est ce qu’on appelle un effet normatif : une influence discrète mais durable sur la manière dont les représentations sociales se construisent. Quand cette influence repose sur des messages flous ou émotionnellement chargés, elle peut renforcer des visions binaires, créer de la méfiance, ou fixer des attentes rigides dans les relations.
🧠 Une sensibilisation efficace ne doit pas sidérer, stigmatiser ou opposer, mais outiller chacun à comprendre les mécanismes relationnels, émotionnels, sociaux.
Or Adolescence choque plus qu’elle ne forme. Et sans médiation, elle peut fracturer plus qu’éveiller.
Je vous invite à creuser ces questions avant de laisser votre ado seul devant.