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L'exigence n'est pas négociable !

À propos de l’auteur

Formé, mais éternel étudiant des fonctionnements humains et organisationnels, il articule depuis près de 25 ans psychologie du travail, ergonomie, philosophie, psychanalyse et coaching, au service d’une compréhension systémique et transdisciplinaire du travail et de l’épanouissement. Il publie en open science sur les enjeux d'orientation, de santé mentale et de qualité de vie au travail (QVT), à travers une approche ancrée dans les sciences sociales — notamment le Max-out et l’Orientation Professionnelle Désassignée. 👉 Cliquez pour accéder à : Toutes les publications

Orientation scolaire et transition professionnelle

Une section du Blog consacrée à l’orientation et la transition de carrière centré sur l'évaluation de certaines méthodes au gré de mes humeurs et recherches ainsi que des petits essais ou réflexions sur certains des préalables à une orientation et transition réfléchie et de qualité, centrée sur l'influence, les normes, les stéréotypes et les problèmes qui y sont liés.

Le Boring Job est une réponse sensée au mensonge de l’épanouissement par le travail

La Gen Z n’a pas encore formulé cette phrase mais certains l’appliquent déjà.

I. Le mauvais procès

Le débat sur le Boring Job a été mal posé dès le départ. On y a vu de la paresse, de la lucidité, une crise de la motivation ou un nouvel appel au sens. Les RH y ont lu un défaut d’engagement. Les gourous du bien-être au travail y ont vu une occasion de vendre une couche supplémentaire d’épanouissement professionnel. Tout ce petit monde a raté la question utile.

Le mensonge tient dans une promesse devenue la norme : un bon travail devrait te révéler, te passionner, t’aligner, te rendre fier, t’engager émotionnellement, et produire en toi les ressentis attendus d’un sujet accompli. Il ne suffirait plus de faire correctement son travail. Il faudrait s’y reconnaître.

La question pertinente n’est donc pas : « pourquoi les jeunes ne veulent plus s’investir ? »

La question est : contre quoi ce retrait s’organise-t-il ?

Ce que l’on prend pour une démission peut aussi se lire comme une cartographie implicite du danger. Le Boring Job n’est pas une philosophie de vie. Il relève d’une réponse comportementale à quelque chose que le système nomme rarement, mais que beaucoup ont appris à repérer : le travail contemporain ne veut plus seulement votre temps, vos compétences ou votre énergie. Il veut organiser votre vie intérieure, votre manière de vous raconter, de vous sentir, de vous évaluer.

Et cela change tout.

II. La capture émotionnelle : ce que l’Émotion conforme permet de préciser

Le cadre du Max-out décrit l’individu qui performe jusqu’à la rupture parce que le système a instrumentalisé son éthique. Il donne tout parce qu’il a appris à voir dans sa performance la preuve de sa valeur. Son engagement devient sa justification, sa capacité à tenir devient son identité, sa fatigue finit par fonctionner comme une preuve de sérieux.

Cette logique ne suffit pas à décrire ce qui se joue lorsque le travail commence à organiser la manière dont un individu interprète ce qu’il ressent.

Le concept d’Émotion conforme permet de nommer cette zone plus profonde. Le système ne capte pas uniquement l’énergie disponible du travailleur ; il agit sur les conditions dans lesquelles certains ressentis deviennent plus évidents, plus accessibles, plus acceptables et plus immédiatement interprétables que d’autres.

L’environnement professionnel contemporain ne demande plus simplement de contenir ses émotions ou de les masquer derrière un comportement adapté. Il fournit des récits prêts à l’emploi, des cadres d’interprétation, des formules de clôture qui permettent au sujet de donner très vite un sens acceptable à ce qu’il éprouve, sans avoir toujours le temps de se demander si cette lecture vient de lui ou du dispositif dans lequel il travaille.

Le stress peut alors devenir un signe d’engagement, le doute une opportunité de progression, l’épuisement la preuve que l’on s’est donné, la surcharge une marque de confiance, la disponibilité permanente un indice de fiabilité. Rien de tout cela n’a besoin d’être imposé brutalement, car ces traductions circulent déjà dans les discours professionnels, dans les évaluations, dans les réunions, dans les formations, dans les posts managériaux, dans les entretiens annuels et dans toute cette petite grammaire de l’engagement qui transforme la contrainte en maturité.

Ces émotions peuvent être sincères, et c’est précisément là que la capture devient difficile à voir. La sincérité du ressenti ne garantit pas son autonomie. Un individu peut réellement se sentir fier de tenir, réellement se sentir utile en se surchargeant, réellement se sentir aligné avec une mission qui l’épuise, tout en utilisant des formes d’interprétation déjà préparées par l’environnement qui le sollicite.

La subjectivité n’est donc plus un refuge. Ce que le sujet croit être son ressenti personnel, sa lecture lucide de la situation ou son attachement authentique à son travail peut déjà être pris dans des formats d’interprétation que l’organisation a rendus disponibles avant même que la réflexion commence.

Le travail ne demande plus seulement d’obéir ou de produire. Il apprend aussi à ressentir correctement.

III. Ce que le Boring Job refuse vraiment

Vu depuis là, le Boring Job change de signification. Il ne relève pas d’un simple refus du surinvestissement, mais d’un refus plus profond d’entrer dans un régime où le travail prétend organiser le sens, l’identité et le ressenti.

Dans un emploi fonctionnel, délimité, sans grand récit identitaire projeté dessus, la zone de capture se réduit. La frontière entre ce que je fais et ce que je suis reste plus nette. Je peux travailler sans transformer mon poste en preuve existentielle, être compétent sans faire de mon activité le centre de ma valeur, être présent sans livrer mon intériorité au langage de l’engagement, remplir une fonction sans accepter que cette fonction devienne une scène permanente de validation personnelle.

Le Boring Job neutralise la zone d’exposition.

Il réduit l’espace où il faudrait ressentir comme il faut, se raconter comme il faut, prouver son implication comme il faut, afficher un affect professionnel recevable. Il retire au travail une partie de son pouvoir symbolique. Il lui laisse sa fonction, son cadre, son utilité, sa rémunération, mais il refuse de lui donner le droit de définir l’existence.

La plupart du temps, cette position ne prend pas la forme d’un manifeste. Elle se construit empiriquement, à partir de ce que beaucoup ont vu autour d’eux : des parents fatigués de devoir tenir, des managers captifs de leur rôle, des cadres fiers de leur épuisement, des salariés sommés de transformer chaque contrainte en opportunité, des professionnels obligés de parler d’alignement lorsqu’ils cherchent simplement à ne pas craquer.

La Gen Z a grandi avec ces scènes sous les yeux. Elle a observé les aînés, les récits de burn-out, les injonctions au sens, les promesses de passion professionnelle, les entreprises qui parlent de valeurs pendant qu’elles intensifient le travail, les salariés qui disent aimer leur métier tout en ne sachant plus où finit leur fonction et où commence leur personne.

Elle a vu des gens s’épuiser en se racontant trop.

Travailler trop compte, bien sûr, mais une part du coût contemporain vient aussi de cette obligation permanente de produire une version de soi compatible avec le projet, l’équipe, la mission, la culture, la marque, la promesse. Il faut maintenir une cohérence entre ce que l’on ressent, ce que l’on devrait ressentir et ce que l’on doit rendre visible aux autres.

Le Boring Job pose alors une limite simple : je refuse que mon travail soit le lieu où je dois produire du sens sur moi-même.

Il y a là moins de cynisme que de protection, moins de paresse que de refus d’exposition. Le travail reste un lieu d’activité, de compétence, d’échange, de rémunération, parfois même de satisfaction, mais il perd son droit à devenir l’instance chargée de dire qui je suis, ce que je vaux et ce que je dois ressentir pour être reconnu comme correctement engagé.

IV. La symétrie révélatrice

Le Max-out et le Boring Job sont deux régimes opposées au même stimulus.

Dans le Max-out, l’individu ne se sent pas capturé : il se reconnaît dans ce qui le capture. Le travail devient le lieu où il confirme sa valeur, son sérieux, son utilité, sa fidélité à lui-même. Voilà pourquoi l’emprise tient si bien : elle ne se présente pas comme une contrainte extérieure, mais comme la continuité logique de ce qu’il croit être.

Dans le premier cas, l’individu entre dans la zone d’exposition et se laisse conformiser jusqu’à ne plus distinguer clairement ce qu’il ressent de ce qu’il est censé ressentir. Sa performance est sincère, son attachement est sincère, son désir de bien faire est sincère, et cette sincérité même rend l’ensemble utilisable par le système, puisqu’un sujet qui se sent libre dans ce qui l’attache résiste moins qu’un sujet qui se sait contraint.

Dans le second cas, l’individu se tient à distance de cette zone. Il ne demande pas à son travail de lui dire qui il est, il ne cherche pas dans son poste une preuve de valeur totale, il ne transforme pas chaque difficulté en épisode de développement personnel, il ne convertit pas spontanément la surcharge en signe de confiance ou l’épuisement en preuve d’engagement. Il peut rester disponible, compétent, ponctuel, fiable, mais il trace une ligne : d’un côté, ce que je fais ; de l’autre, ce que je suis.

Tous les emplois ne promettent pas explicitement l’épanouissement. L’entrepôt logistique, le poste de front-office sous script, la carrière précaire, le job alimentaire ou l’emploi standardisé ne demandent pas toujours au travailleur de « se réaliser ». Pourtant, le Boring Job répond à une offre plus générale : celle d’un monde professionnel où le passage vers l’engagement total reste disponible, valorisé, récompensé, présenté comme une montée en maturité ou comme la marque d’un rapport adulte au travail.

Le refus est préventif. 

Le Boring Job ne conteste pas frontalement le système, il ne produit pas de grand discours révolutionnaire, il ne cherche pas toujours à transformer l’organisation, mais il retire au travail une ressource décisive : l’accès à l’intériorité du sujet.

V. Ce que ce diagnostic ne règle pas

Le Boring Job est une position défensive lucide, mais il ne règle pas le problème qu’il révèle.

Il a un coût réel : absence de mobilisation forte, perte d’un certain type de sens, honte sociale possible dans des cultures où l’engagement total reste la norme noble, difficulté à défendre publiquement un choix qui ressemble vite à du retrait dans un monde saturé de discours sur la passion, l’ambition et l’impact. Celui qui tient le Boring Job comme position ne souffre pas du même mal que celui qui entre dans le Max-out, mais il reste dans la même architecture, simplement installé à sa périphérie. Sa lucidité devient presque une contrainte à y rester.

Le système propose alors deux positions dominantes : l’entrée totale avec ses gratifications et ses coûts, ou le retrait partiel avec ses protections et ses renoncements. D’un côté, l’individu peut recevoir du prestige, du sens, de la reconnaissance, une impression d’intensité et d’utilité, au prix d’une exposition accrue de son identité ; de l’autre, il peut préserver une part de lui-même, limiter l’emprise du travail sur sa vie intérieure, garder une distance plus saine, au prix d’un renoncement à certaines formes de reconnaissance sociale.

Ce que cette architecture peine à offrir, par construction, c’est une troisième voie : un travail qui engage sans coloniser, qui mobilise sans organiser le ressenti, qui reconnaisse sans créer de dépendance identitaire, qui donne une place réelle à l’activité sans exiger que le sujet y dépose la totalité de sa valeur.

Cette impossibilité reste rarement nommée dans le débat public. On discute des individus, de leur motivation, de leur fragilité supposée, de leur rapport au travail, de leur quête de sens, de leur refus de l’effort, de leur envie de préserver leur vie personnelle. On évite la question la plus gênante : que reste-t-il comme choix réel lorsque le travail a appris à organiser jusqu’au sens que l’on se fait de soi-même ?

Le Boring Job révèle cela sans le formuler directement.

Il montre qu’une partie des travailleurs préfère perdre une part de prestige, d’intensité ou de reconnaissance plutôt que de livrer au travail la zone où se fabriquent le sens, l’émotion et l’identité.

Le Max-out et le Boring Job sont deux logiques de la même cause : le travail contemporain ne veut plus seulement du temps. Il veut la zone où tu produis du sens.

Le premier y entre et ne voit plus le prix.

Le second refuse d’y entrer et le paye autrement.

L’un paye en adhésion. L’autre paye en retrait. Les deux restent dans le même système.

En orientation, les prescripteurs de solution font tous mine d'avoir compris un truc. En réalité, ils passent à côté de l'essentiel.

Depuis des décennies, le monde de l'orientation s'est fragmenté en chapelles.

Chacun prêche pour sa paroisse en pensant avoir découvert la pierre philosophale, essayant d'ériger son intuition en vérité universelle :

▪️ Cal Newport mise tout sur la Compétence et la rareté (l'approche rationaliste et stratégique).

▪️ La psychologie positive (et ses dérivés vulgarisés) ne jure que par la Passion et le flow (l'approche émotionnelle).

▪️ Sinek et ses disciples focalisent tout sur le "Why" (l'approche pseudo vocation de l'entreprise appliqué à l'humain).

Je ne vais pas reprendre mes critiques existantes, ce n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est qu'en isolant une seule variable, ils n'ont pas compris le cadre.

Ils tentent de résoudre une équation systémique complexe avec une seule inconnue. Résultat ? On remplace une injonction par une autre.

On passe de "trouve ta passion" à "sois un expert", sans jamais interroger ce qui nous assigne, nous limite ou nous propulse réellement.

S'orienter, ce n'est pas choisir son camp.

Ce n'est pas une méthode, c'est une écologie.

C'est comprendre comment s'articulent vos déterminismes sociaux, vos mécanismes de décision, vos émotions et la réalité du marché, avec vos envies et vos motivations profondes.

Et cette équation est unique pour chacun. L'accompagner est aussi délicat.

Pour ceux qui ont fini de chercher des recettes parcellaires et veulent comprendre l'orientation, la réorientation, la reconversion ou la transition dans sa globalité et en conscience, c'est ici que ça se passe accès libre gratuit fruit de 20 ans de recherches et les outils qu'elle a produite :

L'orientation professionnelle désassignée : https://zenodo.org/records/15607008

GRILLE D'ANALYSE DES POSTURES D'ACCOMPAGNEMENT EN ORIENTATION : https://zenodo.org/records/17210116

Accompagner les choix d'orientation sans imposer : https://zenodo.org/records/17210260

Module compétences (Module inédit du programme d'orientation Autonomie) : https://zenodo.org/records/18647320

Parents ... Devenez le coach d'orientation de votre ado ! Gratuitement et simplement...

On vous a fait croire beaucoup de choses, que “choisir une voie” à 14, 16 ou 18 ans, c’était simple et qu'il suffisait de suivre une recette simple :
un test de personnalité, un coaching rapide, un bilan standardisé.

On continue à vous bercer de plein de beaux discours contradictoires, mais après on vous laisse seul faire le tri et face à votre réalité.

La vérité ? Ces recettes et injonctions enferment plus qu’elles n’éclairent.

Les résultats : 35% et plus d'échecs ou de réorientations post-bac (source CNESCO) -

1 ado sur 3.

Il y a 1 chance sur 3 d'être dans cette situation.

Ces méthodes, même en affirmant le contraire, réduisent votre enfant à des cases, au cadre de l'outil ou aux effets de la posture de ceux qui l'aiguille, alors que son avenir exige lucidité, nuance, conscience et adaptation.

Pour tous ces parents qui veulent prendre les choses en main.

Pour tous ceux qui ne font pas confiance aux services privés.

Pour tous ceux qui n'ont pas la possibilité de financer une orientation profonde et de qualité.

Je vous ai préparé deux grands guides, fruit de 20 ans de recherche et de pratique et directement issus de mon dernier ouvrage. (Et non, je ne vais pas attendre une semaine pour faire un post pour le deuxième et récolter du like, car vous avez besoin des deux ensemble, là tout de suite.)

👉 Publiés en Open Science, en accès libre :

📌 La grille d’évaluation des postures : https://zenodo.org/records/17210116

📌 Le guide “Accompagner sans imposer” : https://zenodo.org/records/17210260



Lien dispo également dans mes publications et sur la page de mon offre d'orientation.

Avec cette grille d’évaluation des postures, vous disposez d’un outil inédit :
– qui met en lumière vos mécanismes invisibles (l’influence involontaire, les illusions de neutralité…),
– qui invite à réfléchir plutôt qu’à cocher,
– qui propose des pistes claires pour ajuster votre posture et accompagner en conscience.

Avec le guide, vous trouvez des repères simples, précis et pratiques pour accompagner concrètement votre ado dans les moments clés (collège, lycée, Terminale).

Mon combat est simple depuis presque 20 ans : mettre fin à la honte du marché de l’orientation bas de gamme, pseudo-scientifique aussi, qu’on vous vend comme sérieuse, prouvée ou réfléchie.

Avant, je la dénonçais publiquement, et j'agissais au sein de l'AFCSE.

Aujourd'hui, je donne à chacun la possibilité de faire aussi bien (sinon plus conscient) que la plupart des coachs, bilaniers et même conseillers d'orientation psychologue qui n'ont pas le temps.

Les ados méritent mieux qu’un tirage au sort déguisé.

Ils méritent de s’orienter en conscience avec ceux qui donneraient "vraiment" tout pour eux.

👉 Lisez, pensez, critiquez, transmettez à vos connaissances.

À tous les pros qui s’inspireront ou utiliseront mon travail : ayez l’éthique de me citer.

🎓 Florilège de la précocité au BAC… ou florilège de nos obsessions collectives

Entre symbolique de la douance et orientation, les chemins se croisent souvent dans les médias.


Chaque rentrée, la presse ressort le même récit.


Un enfant de 9, 12 ou 14 ans obtient son bac. Record battu. Articles partagés. Plateaux TV. Fascination.


👉 Arthur, « 11 ans et 11 mois », bachelier en 1989.

👉 Déesse, 14 ans, future radiologue.

👉 Hugo, 12 ans, double doctorat à 18 ans, avocat à 21 ans.

👉 Samuel, 14 ans, chef d’orchestre.


Cette galerie de portraits a quelque chose de fascinant. Mais elle a surtout un air de copier-coller générationnel.


Toujours les mêmes histoires. Toujours la même mise en scène : la précocité comme une exception magique, réduite à un âge et à un diplôme.


Mais que raconte-t-on vraiment ?


 – Qu’il faut « battre » le bac comme on bat un record ?

 – Qu’un enfant « précoce » ne vaut que par la vitesse de son passage dans les cases scolaires ?

 – Que l’histoire de ces jeunes commence… et s’arrête à leur performance ?


Parce que la question qui reste, elle, est rarement posée :

 Que fait-on dans la vie quand on a déjà son bac à 9 ou 12 ans ?

 On « continue »… mais dans quel sens ? Avec quels coûts invisibles ?


📌 Ce florilège en dit beaucoup sur nos obsessions collectives :

 – Valoriser la vitesse plutôt que la profondeur.

 – Mesurer la douance à l’âge d’un diplôme.

 – Réduire une singularité à une performance scolaire.


Et derrière ce récit flatteur, un stéréotype tenace : la précocité comme course d’avance.


Alors qu’en réalité, la précocité, ce n’est pas « être en avance ». C’est un fonctionnement différent, qui mérite d’être compris autrement que par des records médiatiques.

Orientation : ils choisiraient mal ? Mais est-ce un choix s'il est imposé, chronométré et validé par d'autres ?

Tout se passe comme si l’école, les adultes, les institutions, mais aussi les discours sociaux ordinaires attendaient de l’enfant ou de l’adolescent qu’il se tienne pleinement responsable de décisions qu’il n’a pas pu construire, formuler, ni même comprendre. On lui dit qu’il choisit mal. On le soupçonne de ne pas être assez motivé, assez mûr, assez curieux. Et, le plus souvent, on tente de “l’aider à mieux choisir”. Mais à aucun moment on ne questionne les conditions mêmes de ce qu’on appelle un choix. Ce glissement est si bien intégré qu’il en devient invisible. Et pourtant, c’est là que tout se joue : on impose un geste symbolique, choisir, dans un cadre qui rend ce geste impossible.

Dans L’orientation professionnelle désassignée (Vivier, 2025), j’analyse comment les adolescents sont sommés de décider dans un cadre qui ne permet ni la suspension, ni l’essai, ni l’erreur sans coût. C’est donc un non-choix présenté comme un choix. Or cette double contrainte engendre, mécaniquement, une culpabilité déplacée. Si le jeune échoue ou regrette, c’est lui qu’on accuse d’avoir “mal choisi”, de ne pas s’être assez informé, de s’être trop précipité. Et tout cela se passe sans jamais interroger ce que choisir suppose réellement.

Choisir n’est pas simplement désigner une option. C’est projeter un engagement dans un avenir que l’on peut relier à soi. C’est reconnaître une possibilité comme signifiante dans son propre horizon. Pour qu’un choix existe, il faut donc qu’un espace de sens soit disponible. Et surtout, que l’acteur du choix ait été autorisé à prendre place dans cet espace. Sinon, on assigne un geste sans en reconnaître la condition.

Il est philosophiquement absurde de parler de choix quand les options n’ont pas été construites, éprouvées ou comprises. C’est un peu comme exiger d’un individu de signer un contrat dont il ignore les conséquences, dans une langue qu’il ne maîtrise pas, sous menace implicite de déclassement. On nomme alors “liberté” ce qui est, dans les faits, une injonction vide : “choisis vite, choisis bien, et surtout assume seul si ça tourne mal.”

Ce mécanisme est parfaitement intégré par les structures éducatives et parentales, souvent sans malveillance. Il s’agit d’un impensé collectif : tout se passe comme si la seule existence d’options visibles suffisait à légitimer l’idée de liberté. On considère que, puisque des voies existent, alors les élèves peuvent choisir. Mais cela revient à confondre la présence d’un formulaire avec l’existence d’une capacité d’agir. Une liste de filières ne fait pas un monde habitable. Et c’est là que s’enracine le malentendu majeur : on confond visibilité des parcours avec capacité à se projeter. Or, il n’y a pas de projection possible sans médiation, sans récit, sans accompagnement symbolique. Le sujet n’adhère pas à un futur abstrait ; il doit pouvoir se reconnaître dans ce qu’on lui propose. Sinon, il remplit des cases.

C’est cette confusion entre sélection logistique et élaboration du choix qui nourrit la culpabilité. L’élève croit que s’il est “en retard”, “indécis”, ou “mal orienté”, c’est qu’il lui manque quelque chose. Mais ce n’est pas lui qui est en défaut. C’est le système qui a présupposé, à tort, que les conditions du choix étaient là. Cette projection erronée de responsabilité produit un double effet : elle dépolitise l’orientation en la ramenant à une compétence individuelle, et elle invisibilise les violences structurelles induites par la précocité, l’assignation sociale, ou le défaut de récit.

Or cette culpabilité n’est pas simplement un effet collatéral. Elle est fonctionnelle au système. Elle permet à l’institution de se décharger. On ne remet pas en cause l’organisation des parcours, on renforce les dispositifs d’aide à la décision. On ne questionne pas la hiérarchie des filières, on apprend aux jeunes à “faire des vœux stratégiques”. Et quand l’élève s’effondre sous le poids de la conformité ou de l’échec, on renforce le coaching personnel, jamais l’analyse structurelle. La charge est internalisée.

Cette inversion de responsabilité a été bien décrite par des auteurs comme Bourdieu, mais aussi par des philosophes comme Michel Foucault, qui ont montré comment la modernité ne cesse de produire des sujets responsables de tout, mais autonomes de rien. Dans L’orientation professionnelle désassignée, je défends que l’autonomie véritable ne consiste pas à porter seul la responsabilité d’un choix préfabriqué, mais à pouvoir élaborer un sens dans un espace ouvert, conflictuel et soutenu. Autrement dit : le choix n’est jamais neutre, ni purement individuel ; il est toujours situé dans un système de contraintes, de récits et de permissions.

C’est pourquoi, tant que l’on parlera d’orientation comme d’un choix personnel à optimiser, on alimentera la culpabilité. Et tant que cette culpabilité sera présentée comme un levier de “maturation” ou de “responsabilisation”, on renforcera l’effet paradoxal : le sentiment d’imposture chez les plus lucides, la reproduction sociale chez les plus stratégiques, et l’abandon déguisé en autonomie pour tous les autres.

L’enjeu, aujourd’hui, n’est donc pas de mieux “préparer” les jeunes à choisir. Il est de changer la nature même de ce que l’on appelle un choix en orientation. Cela suppose de remettre en question le cadre scolaire actuel, de reconnaître que l’élaboration d’un projet n’est pas une ligne droite mais un chemin tâtonnant, fait d’essais, d’échecs, de suspensions et de conflits intérieurs. Cela suppose aussi de cesser de considérer le jeune comme un acteur rationnel isolé, mais de le replacer dans une écologie du choix : un espace structuré, médiatisé, soutenu, dans lequel l’incertitude ne serait plus un défaut, mais une étape normale du développement.

Et surtout, cela suppose de politiser enfin la question de l’orientation. Car tant que l’on reprochera aux enfants et aux adolescents de ne pas bien choisir, sans interroger ce qui leur est réellement proposé, on prolongera une fiction dangereuse : celle d’une liberté vide, d’un faux choix impossible, et d’une faute qu’ils ne peuvent que répéter.

Vivier, P. (2025). L'orientation professionnelle désassignée (1ʳᵉ éd.). Zenodo. https://doi.org/10.5281/zenodo.15607008


En réponse à cet article : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/les-eleves-ont-l-impression-d-etre-dans-un-train-dont-ils-ne-peuvent-pas-descendre-56-des-18-24-ans-regrettent-un-choix-d-orientation-20250616

Orientation et reconversion, on aborde l'un des gros tabou : la flemme réflexive

Le premier frein à l'orientation c'est l'individu, son mindset et surtout sa flemme réflexive.

Alors ensuite, le cadre, le système, les outils, l'intervenant .. bien sûr qu'ils ne sont pas inertes, j'en ai largement parlé dans mon ouvrage de recherche (accessible sur zenodo open science : https://zenodo.org/records/15607008).

Mais à la base, il y a la flemme de devoir se concentrer dans un parcours de réflexion.

D'introspection.

Il y a ce moment où il faut se poser, réfléchir à son parcours, gratter un peu dans son introspection.
Et là, beaucoup décrochent.

Vous voulez un résultat idéal, mais vous n'êtes pas capable de fournir l'effort que cela demande.

Faudrait que ce soit engageant.

Qu'on puisse se le représenter avec douceur, des couleurs pastel accueillantes.

Des trucs fun à faire où on passe un bon moment.

Un peu comme si on était parti en week-end.

Forcément, les résultats sont à la hauteur : superficiels, convenus, sans réel alignement personnel.

Vous ne remplacerez pas le jus de cerveau nécessaire à un choix à enjeu en pleine conscience par une petite vidéo, ou un test psycho / bilan d'orientation.

Vous avez tellement été habitué à ce que tout soit instantané, divertissant, plaisant et engageant que l'effort de réflexion est devenu encore plus difficile qu'il ne l'était déjà.

Les neurosciences le rappellent : l’effort de réflexion coûte cher au cerveau, surtout dans un monde saturé de distractions et d’immédiateté. Et alors depuis que l'IA entre dans nos vies...

Quand vient le moment de choisir un dispositif d’orientation, beaucoup évaluent surtout le critère du moins chiant :

le moins long, le moins prenant, celui dont le résultat final est concret, une idée oui, mais appuyée sur un dossier d'analyse qui fait sérieux.

Vous choisissez le type / service d'orientation avec des critères d'évaluation qui sont en contradiction totale avec vos objectifs.

Une orientation qui a du sens se construit sur le temps long, en conscience.

Le temps long permet d’éprouver ses envies, de confronter ses idées et d’éviter les choix par défaut.
Mais il n’a de valeur que s’il est habité par la conscience, c’est-à-dire la lucidité sur ce qui nous guide vraiment.
C’est en combinant durée et conscience qu’un choix devient solide, aligné et porteur de sens.

Grandes écoles (commerce, ingé, etc.) : Attention à ce choix d'orientation, une fois admis, vous en sortez avec le diplôme !

Les grandes écoles de commerce françaises font rêver.
Elles occupent une place particulière dans l’imaginaire collectif : celle de la réussite assurée, du diplôme prestigieux, du réseau solide.
Mais quand on regarde de près leurs chiffres, on découvre une mécanique extrêmement efficace, parfois trop efficace, qui pose une question fondamentale d’orientation : et si le vrai choix devait se faire avant d’y entrer ?

À la fin de cette réflexion et de votre lecture, demandez-vous : Combien je connais de gens qui sont concernés ?

1. Des chiffres qui impressionnent

Regardons les données disponibles sur les programmes grande école (PGE) délivrant le grade de Master :

    Moins de 3 % d’abandon pendant le cursus.
    Autrement dit, une fois admis, on obtient presque toujours son diplôme.
    HEC, ESSEC, ESCP, EDHEC, SKEMA affichent des taux de diplomation entre 96 % et 99 %. Les échecs sont rarissimes.

    Insertion professionnelle rapide.
    Les enquêtes de la Conférence des Grandes Écoles montrent qu’en moyenne, plus de 80 % des diplômés d’écoles de management ont un emploi dans les six mois suivant la fin de leurs études. Dans certaines promotions, c’est même 85 % ou plus.
    Et ces emplois sont majoritairement en CDI, avec des salaires d’entrée qui dépassent les 40 000 € bruts annuels dans les secteurs du conseil, de la finance ou du marketing.

    Partenariats stratégiques avec les grandes entreprises.
    Ces écoles accueillent régulièrement des forums de recrutement où se pressent les plus grands noms du CAC 40 et des multinationales. Elles signent des chaires sponsorisées, organisent des stages longs et des alternances qui débouchent sur des embauches. Elles activent des réseaux d’alumni très actifs.

Vu de l’extérieur, tout semble parfait : sélection exigeante à l’entrée, diplôme quasiment garanti, insertion rapide et rémunératrice.

2. Une mécanique redoutable qui doit interroger au nom d'une orientation équilibrée

Quand on gratte un peu, ces mêmes chiffres posent question.
Un taux d’échec aussi faible peut‑il s’expliquer uniquement par l’excellence homogène des étudiants ?
Ou bien est‑il le résultat d’un système conçu pour éviter à tout prix que des étudiants décrochent ?

La réalité est plus nuancée. Ces écoles font tout pour éviter que quelqu’un ne sorte sans diplôme :

    Rattrapages et sessions de compensation : les étudiants ont plusieurs chances pour valider leurs crédits.

    Accompagnement individuel : tutorats, coaching, soutien pédagogique.

    Flexibilité dans les parcours : année de césure possible, adaptation pour les stages ou les séjours à l’étranger.

    Valorisation maximale des expériences : un stage long ou un engagement associatif peut valoir des crédits validant des modules.

Cela ne signifie pas que le niveau académique est nul. Loin de là.
Mais cela signifie qu’une fois entré dans cette machine, l’école met en place tout ce qu’il faut pour vous en faire sortir diplômé, parce que son image, ses classements et ses accréditations en dépendent.

Échouer en interne n’est pas une option acceptable.

3. L’effet “pipeline” : on vous conduit jusqu’à l’emploi

La même logique se retrouve à la sortie.
Le placement des diplômés est un enjeu vital pour l’attractivité de l’école.
Elles ont donc développé un véritable écosystème d’insertion :

    Forums entreprises, journées carrière, offres exclusives.

    Réseaux d’anciens qui ouvrent des portes.

    Chaires sponsorisées dans des secteurs stratégiques (banque, conseil, luxe).

    Alternances et stages conçus pour déboucher sur des CDI.

Cet écosystème est tellement puissant qu’il peut donner l’illusion que l’orientation est une formalité.
On pourrait se dire : peu importe pourquoi j’entre, l’école me portera et je trouverai bien un emploi.

C’est exactement là que le risque se cache.

4. L’orientation n’est pas qu’un accès à l'emploi

Quand on réussit à intégrer une grande école de commerce, on se retrouve dans un cadre très structuré, très sécurisé. Mais pas toujours sur le plan psychologique et physique compte tenu de l'activité des BDE et d'un ensemble de pratiques.
Ce qui est sécurisé : le diplôme viendra, l’emploi viendra.

Mais cela ne garantit pas que ce soit l’emploi que vous vouliez, ni le parcours qui vous correspond.

De nombreux témoignages montrent un même scénario :

    « J’ai suivi le mouvement. J’ai fait une prépa parce qu’on me disait que j’étais capable. J’ai intégré une grande école. J’ai suivi le cursus, fait les stages qu’il fallait, décroché un CDI dans un cabinet de conseil… Et au bout de trois ou quatre ans, j’ai réalisé que ce n’était pas moi. »
    C'est fou comme ça sonne banal. Mais ce n'est pas parceque c'est impersonnel, c'est parce que c'est récurrent.

L’orientation, ce n’est pas seulement accéder à un diplôme reconnu.
C’est choisir une voie en fonction de ce que l’on veut construire, de ce que l’on est prêt à investir, de la manière dont on veut évoluer.

5. L’engrenage invisible

Une fois dans la machine, tout s’enchaîne.
Les stages s’enchaînent, les forums entreprises vous sollicitent, les propositions affluent.
On ne prend pas toujours le temps de s’arrêter et de se demander :

    Est‑ce que ce que je fais correspond à ce que je veux ?

    Pourquoi est‑ce que je suis ici ?

    Est‑ce que je construis mon propre projet ou est‑ce que je me laisse porter ?

Et comme l’échec n’existe pas dans cette mécanique, la remise en question non plus.
On peut passer plusieurs années à “réussir” avant de se rendre compte que l’on n’a jamais vraiment choisi.

6. Les conséquences d’un choix non conscient

Le problème, c’est que cette prise de conscience arrive souvent tard.
Après plusieurs années d’emploi, parfois après une progression hiérarchique qui crée la chimère de la réussite par le statut, parfois après un épuisement professionnel.
On réalise alors que l’on a coché toutes les cases… mais que ce ne sont pas les notres.

Changer de trajectoire à ce moment‑là est possible, mais très coûteux.
Il faut parfois reprendre une formation, réorienter sa carrière, faire face à des incompréhensions autour de soi.
Tout cela aurait pu être anticipé par un vrai travail d’orientation avant d’entrer dans la machine.

7. Pourquoi il faut un projet avant d’entrer

C’est ici que l’orientation prend tout son sens.
Entrer dans une grande école de commerce ne doit pas être une fin en soi.
Ce doit être un moyen, au service d’un projet.
Un projet qui ne se résume pas à “avoir un bon salaire” ou “faire plaisir à mes parents”, mais qui répond à des questions plus profondes :

    Qu’est‑ce que j’ai envie de faire de mes journées ?

    Quelles compétences ai‑je envie de développer ?

    Dans quel type d’environnement professionnel ai‑je envie de m’inscrire ?

    Quelle place je veux donner au travail dans ma vie ?

Ces questions ne sont pas simples.
Mais elles sont essentielles, car le système, lui, est très efficace pour vous embarquer et les effacer.
Si vous n’êtes pas clair sur vos envies, il vous mènera quelque part… mais pas forcément là où vous vouliez aller.

8. Orientation et lucidité

L’orientation équilibrée, consciente et personnelle consiste à prendre ce temps en amont.
Se poser, se faire accompagner si nécessaire, analyser ses motivations réelles.
Pas celles qu’on affiche pour réussir un entretien, mais celles qui tiennent quand personne ne regarde.

Parce que dans les grandes écoles de commerce, l’échec est rarissime.
Et justement, c’est pour cela que l’orientation doit être encore plus exigeante.
Ce n’est pas une garantie de bonheur d’avoir un diplôme reconnu.
Ce n’est pas une garantie d’épanouissement d’avoir un emploi en CDI à 60 000 € par an.
C’est une garantie d’avoir un parcours validé, pas forcément un parcours choisi.

9. Ce que ces chiffres disent de nous

Ces statistiques flatteuses racontent aussi quelque chose de notre époque.
Nous valorisons les filières où l’insertion est rapide et où le diplôme est assuré.
Nous rassurons les jeunes en leur disant : intègre cette école, tu ne risques rien.
Mais nous oublions de leur dire : encore faut‑il que tu aies vraiment envie de ce que tu obtiendras.

Les écoles font leur travail : elles sélectionnent, elles accompagnent, elles insèrent.
À nous, parents, enseignants, accompagnants, de faire le nôtre : aider les jeunes à vérifier qu’ils choisissent en connaissance de cause, qu’ils ne se contentent pas de cocher des cases.

Le choix avant tout

Si vous avez la chance et la capacité d’intégrer une grande école de commerce, sachez que le diplôme est presque assuré et l’emploi aussi.
Mais ne confondez pas sécurité de parcours et pertinence personnelle.
Le vrai défi est avant.
Avant de signer, avant de vous lancer dans les concours, avant d’accepter l’admission.

Posez‑vous la question : qu’est‑ce que je veux vraiment construire ?

Parce que dans ces écoles, vous construirez forcément quelque chose.

Autant que ce soit quelque chose qui vous ressemble.

🎯 Parcoursup : LE visage du NON‑choix en orientation

Esteban, mention très bien au bac, projet clair, motivation intacte…

Et pourtant, Parcoursup vient de broyer son rêve.


 👉 L’article de Sud Ouest en parle : https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/ou-est-la-meritocratie-a-bordeaux-esteban-mention-tres-bien-au-bac-voit-son-reve-contrecarre-par-parcoursup-25250692.php


Le cas d’Esteban n’est pas un accident isolé.


 C’est le révélateur d’un système où la notion de choix est une illusion.


On parle sans cesse de choisir sa voie, d’effort, d’ambition.


 Mais dans les faits, les vœux des jeunes sont triés, pondérés, classés selon des logiques opaques très tôt.


 Et un simple algorithme, sans contexte ni nuance, décide si un projet de vie a le droit d’exister… ou non.


➡️ Orientation ? On appelle ça un “choix”, mais c’est un choix sous contraintes, validé ou invalidé lors de multiples étapes par un système qui ne prend pas en compte l’individu.


 ➡️ Méritocratie ? On en parle, mais quand un étudiant à mention très bien se voit refuser l’accès à ce qu’il a construit comme projet, il faut bien se demander : où est-elle ?


🎓 Ce n’est pas seulement une question de procédure :

C’est l’histoire d’un jeune qui se retrouve coincé dans une mécanique administrative, alors qu’il avait fait sa part à travers les rouages.


C’est aussi la prise de conscience qu’en France, l’orientation scolaire reste largement un tri social déguisé en parcours éducatif.


🧭 Alors, comment construire ?


 ➡️ Sortir du mythe du choix pur.

 ➡️ Interroger l’ensemble des paramètres : héritage familial, environnement scolaire, algorithmes de tri.


 ➡️ Oser défendre une orientation qui ne soit pas seulement une affectation, mais un accompagnement réel vers un projet choisi, assumé et compris.


Parce qu’un système qui laisse sur le carreau des élèves excellents au seul motif d’un algorithme… ce n’est pas seulement injuste.


 C’est un système qui vide de sens la notion même d’orientation.


Une orientation profonde et vraie se construit sur la durée, et en conscience, et c'est exactement ce que je promeus, malgré que très souvent, les circonstances ne le permettent pas.

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